
Augsbourg n’est éloignée de Munich que d’une grosse demi-heure. Il y a quelques temps, j’y ai fait un bref passage pour tâter le pouls de la ville aux deux confessions (au minimum). La ville, bien plus ancienne que Munich – elle est romaine – ne manque pas de charme, entre ses façades renaissance ou modernes,

en premier lieu son hôtel de ville (
Rathaus).

Un beau palais baroque, le
Schäzlerpalais, qui vaut moins par son extérieur

que par sa grande salle d’apparat, peinturlurée à souhait.

Des églises comme s’il en pleuvait – ici S
t Ulrich et St Afra.

Je me demandent si beaucoup d’Augsbourgeois se prénomment Afra. La ville était fortifiée, mais leur état actuel, très restauré, peint en rose, ne fait tout simplement pas sérieux (ici la «
Rotes Tor »).

Comme partout en Allemagne du sud, on y mange, bien. Admirez la taille énorme de ce
Millirahmstrudel (en gros : à la crème), de chez
Dichtl, pâtisserie hautement recommandable.

On peut donc poursuivre la visite l’estomac bien plombé. Au menu : la banque. Augsbourg doit en effet sa richesse à la banque des
Fugger, une sorte de multinationale avant l’heure, qui s’épanouit aux XVe-XVIe siècles. Mais elle existe encore : en voici la porte d’entrée. Derrière, le secret bancaire.

Ces banquiers étaient mécènes : il bâtirent un quartier entier de logements sociaux, appelé la
Fuggerei –
Fuckerei sur les plans du Moyen-Âge, ce qui était bien plus amusant.

Réservé aux catholiques – tenus de prier dans la chapelle – les logements sont loués pour moins d’un euro par an (si si) et encore habités.

Tout cela a naturellement été abondamment détruit, et opiniâtrement reconstruit, en vingt-cinq ans. Avec ce ciel plombé, les canaux, la brique et la pierre, on se croirait presque à Bruges. Encore une ville de marchands.