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mardi 9 août 2011

Repas de saison

Une nouvelle saison bat son plein, celle des champignons, girolles, cèpes, qui inondent les marchés. Que peut-on faire avec? On peut tout champignonner, mais pour rester dans la "vraie civilisation", autant en faire un risotto:
Pour finir, achevons une autre saison, celle des groseilles à maquereaux, si difficiles à trouver en France, si abondantes ici, traitées en tarte (avec une fraise sur le gâteau). Rare, pas cher et délicieux.
Enfin pour accompagner tout cela, un vin du Palatinat, simple goulayant, mélange de Weißer Burgunder (Pinot blanc) et de chardonnay, à recommander.
Belle saison. Sans soleil, mais belle.

jeudi 28 juillet 2011

Nous n’irons plus au bois

L’été bavarois n’a pas de soleil, mais il a des fêtes – comme s’il en pleuvait. Les quinze premiers jours du mois, dans le parc olympique (Olympiapark) se tenait l’édition estivale du festival de Tollwood (l’hivernale a lieu avant Noël). Festival bon enfant, bon sentiments, umweltfreundlich – comme cette lampe à énergie solaire – qui, là encore (voir ici) communie avec le monde : ici, on vante l’Asie, c’est le Buddha Bar (non pas celui auquel vous pensez), là, on suit un cours de salsa ou de danse latino-américaine (il y avait du choix), ailleurs, on achète des breloques du commerce équitable. Tout cela dans un décor un rien kitsch, avec force sculptures sur bois qui gagnent à n’être vues que de nuit.
On y vient pour acheter, flâner, peut-être se donner bonne conscience et surtout manger. On distribue un dépliant qui a pour seule fonction de repérer les baraques où se sustenter et se soûler. Au programme, saucisse, grillades en tout genre, avec un peu d’exotisme de pacotille – du bison bavarois – et naturellement de la publicité pour des « burgers géants » (l’équivalent des « saucisses d’1/2 mètre »). On boit beaucoup et partout.
On peut y écouter du théâtre, de la stand-up comedy, et des multitudes de concert y sont donnés, avec parfois des grosses pointures (BB King, Manu Chao, Zaz dont, hélas les Allemands raffolent), mais aussi une multitude d’inconnus. La chaîne Saturn a une tente, un « Loungejazz », que j’ai pu tester. Amusant décor,
ambiance agréable, avec ce soir-là un trio piano-basse-vibraphone. Agréable soirée, même si la musique n’était pas transcendante. Au moins ne pleuvait-il pas…

Depuis la fermeture de Tollwood, on peut visiter l’Auer Dult d’été (voir ici ou ), la Sommerfest à l’Olympiapark. Demain s’ouvre la fête du vin (Pfälzer Weinfest: ici) et une foule de petites fêtes. On ne sait plus où donner du verre. Tant pis, je reste travailler dans mon bureau.

mardi 10 mai 2011

Jour de fête

Entre la Frühlingstfest (décevante), la « fête » de la croix rouge, les animations des parcs, il y avait de quoi satisfaire un instinct grégaire et se distraire dans la foule de Munich le week-end dernier. Nous avons plutôt fait un petit tour à l’Auer Dult : ce marché se situe au pied d’une église, dans le quartier ou coule un petit affluent de l’Isar, l’Au (il se tient aussi à l’automne : ici). C’est un autre monde. Certes, on y trouve des brocanteurs, mais ils sont minoritaires dans ce grand marché. On voit plutôt des démonstrateurs volubiles vanter les mérites de tel produit de nettoyage, de tel aspirateur, balais, que sais-je encore. On peut y acheter des coussins et des fauteuils relaxants, des balais, de la vaisselle comme s’il en pleuvait et des magnifiques blouses comme on en vendait dans la foire de Bellac du temps de ma grand mère (je vous laisse découvrir l’endroit).Des sous-vêtements d'un goût exquis...
Le public est varié, mais les Trachten s’y montrent en grand nombre et l’amateur peut s’acheter des Lederhose d’occasion, bien culottés. On y danse en trachten,

arborant une pilosité du XIXe siècle – pour les hommes. Quelques boutiques de nourriture, un Biergarten et des manèges complète ce marché, au fond plus sympathique que la Frühlingsfest. C’est une fête de village. Jour de fête dans le centre de Munich.


lundi 18 avril 2011

Sans commentaires

Munich, Viktualienmarkt, mercredi 13 avril 2011

vendredi 17 décembre 2010

samedi 13 novembre 2010

Ça sent le sapin


13 novembre.Le föhn souffle sur les Alpes et enveloppe la ville d’un manteau tiède. Le soleil illumine les bulbes, les toits et les flèches qui se détachent sur un ciel d’un bleu éclatant. Le Viktualienmarkt est plein à craquer, de gens affairés, de visages réjouis par le beau temps et surtout de buveurs attablés dans les Biergarten. qui écoutent les flonflons d’un orchestre bavarois. Revoilà enfin l’été indien.

Mais si l’on quitte le marché, on saute une saison plus loin. Voici la façade du grand magasin Kunstermann (siège d’une formidable café dont j’ai parlé ici), telle qu’elle se présente depuis la fin du mois d’octobre. Elle nous présente ses « Meilleurs vœux de Noël ». Les patrons sont-ils fous ? Pas le moindre du monde. On éprouve la même impression devant la vitrine du temple de la papeterie, dit « Kabuco », - avec une touche très bavaroise, le trophée de chasse -, ou à l’intérieur du même magasin, avec ses boules de Noël au plafond, et l’abondance des papiers d’emballage et des éléments de décoration – que l’on retrouve également chez Kunstermann et dans tant d’autres endroits.

L’alimentation n’est pas en reste : les étals croulent sous les « pains de fruits », les Lebkuchen (sortes de pains d’épices ronds recouverts d’un glaçage), les calendriers de l’Avent et surtout les énormes Christstollen (ou Marzipanstollen), les denses mais merveilleuses brioches de Noël. J’en raffole, mais deux mois à l’avance, à quoi cela rime-t-il ? Le soleil brille, nous sommes en bras de chemise et la ville est à l’heure de Noël. À peine les lumières de Noël seront-elles éteintes que l’on nous inondera du Carnaval, auquel succèdera sans une respiration aucune Pâques.

Laissez-nous tranquille quelques semaines ! Laissez-nous déguster le soleil ! Avec une bière, cela va de soi.

Zut, une rechute.

samedi 23 octobre 2010

La fête dure


Les flonflons ne s’arrêtent presque jamais à Munich. Dix jours après la fin de l’Oktoberfest, se tient l’Auer Dult sur la place qui entoura la Mariahilfskirche, sur la rive droite de l’Isar. L’événement s’y tient trois fois par an, à l’automne en octobre (cette année du 16 au 24). On y trouve quelques manèges, quelques débits de boissons parfois déjà présents sur l’Oktoberfest, mais à une échelle très modeste.

Mais c’est aussi un marché, où l’on peut acheter de quoi nettoyer sa maison, ou sa voiture, des draps, des chaussettes, des vêtements comme sur une place de village. Le plus intéressant est sans doute constitué par les boutiques d’antiquaires de toute sorte, qui donnent une couleur nostalgique au marché.

Le temps, cet automne, est médiocre. On n’est donc pas fâché de se réfugier dans les salles, les petites tentes, ou de boire dehors le premier vin chaud de l’année. Certaines boutiques permettent aux prévoyants d’acheter très en avance la décoration de Noël. Le soir, à la fermeture du marché, alors que les jours ne cessent de raccourcir, elles illuminent la nuit qui tombent. Comme un avant-goût de Noël.

L’Auer Dult, auquel les Munichois sont très attachés, est un étrange mélange entre une fête foraine, un marché de province, un marché aux puces et le marché de Noël. Il sert de modeste transition, de glissement progressif vers la ville hivernale. Déjà !

vendredi 1 octobre 2010

Une ville entrachtée

Une personne qui n’aurait ni la télévision, ni la radio et qui ne serait pas lire et débarquerait à Munich en ce moment n’aurait pas de peine à reconnaître que l’Oktoberfest bat son plein. La ville s’est transformée en gros village bavarois endimanché. Qui dit Bavière profonde, dit Trachten, ces vêtements traditionnels que l’on porte pour toutes les fêtes. J’ai ai assez parlé (ici) pour ne pas en expliquer à nouveau la teneur. Après un an passé ici, je sais qu’on en voit toute l’année, mais qu’aucune période ne vaut les semaines de l’Oktoberfest et celles qui précèdent. Les habitués en portent, mais les touristes en achètent aussi en masse et l’on peut renouveler sa garde-robe chaque année si on le souhaite. Les magasin qui les vendent abondent,

et les revues sont envahies de publicités pour eux, ou pour les « trachten-designer ». On peut y trouver la version économe, qui flatte l’écureuil en puissance qu’est l’Allemand – il faudra un jour reparler de la Sparsamkeit, mais c’est une autre histoire –


Une tentative pour donner un semblant d’élégance, avec les couleurs à la mode:

Mais ma préférée est celle-ci, qui offre Trachten à profusion, décor kitch et sous-entendus pas du tout discrets – à pris d’amis !


Si l’on veut de l’authentique, il suffit de flâner le nez au vent, non pas sur le site de la fête, mais, au marché central, le Viktualienmarkt. On trouve ainsi tous les week-ends de l’année un groupe muni de tous les attirails, surtout de magnifiques chapeaux que seuls d’authentiques Bavarois élevés à la Weissbier depuis leur plus jeune âge osent porter. Il y a un intrus dans le groupe, saurez-vous le trouver ?

Un petit zoom sur un chapeau, et voilà le photographe repéré…

Tant pis, si vous voulez vous faire une idée personnelle, vous n’avez qu’à venir ici !

*

Je dois les scans à un ami, que je remercie. J’aurais aimé le faire en mettant en ligne une photo de lui dans le beau Lederhose qu’il s’est acheté, mais il souhaite peut-être trouver un jour du travail en France…

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Pour les curieux, un beau florilège de Trachten excentriques se trouve ici, sur le site de la Süddeutsche Zeitung.

lundi 3 mai 2010

Les Allemands sont tous des grandes asperges


On peut le vérifier tous les jours en marchant à Munich ou ailleurs. Est-ce leur secret ? Ils en raffolent ! Quoi ? Les Allemands des Allemands ? Non, des asperges.

La saison bat son plein, la ville est envahie par les asperges. Les restaurants annoncent fièrement « asperges fraîches » (ici dans Shwabing). Même les charcutiers, qui vendent d’autres douceurs blanches et allongées, s’y mettent en vantant leur « jambon pour asperges » – c’est une recette assez classique.

Les petits étals que l’on trouve dans toutes les rues et sur toutes les places, qui vendent en général des fruits, notamment des fraises, ont remplacé les dattes fraîches par des tombereaux d’asperges. Et pourquoi pas les fraises par des bettes? Les cerises par des poireaux?

Mon cher Viktualienmarkt, où la variété des produits ne cesse de m’étonner et de me faire saliver, s’uniformise : les écriteaux se bousculent qui proclament en grosses lettres « Spargel » – c’est étrange, cela ressemble à Spargeld, « argent économisé », est-ce le secret de la fringale ? – ou « Spargel aus Deutschland » (autre version de « Il a bon goût l’agneau français ») et bien sûr, le sommet, « Spargel aus Bayern ».
Voici la bonne grosse asperge bavaroise, droite, ferme, épaisse, qui se dresse par bataillons sur les étals de cet opulent pays. Des milliers, des centaines de milliers d’asperges alignées comme à la parade, palissades blanches, parfois vertes, s’offrent aux yeux du badaud, « mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi ». On vous l’épluche sur place, avec un astucieux économe. Dans les supermarchés, des machines les épluchent automatiquement et vous les emballent, par fagots (hélas, je n’en ai aucune photo), témoignage, s’il en était besoin, de ce que l’esprit pratique des Allemands vient au secours de leur fringale. C’est trop ! Je préfère les champignons !

Je n’avais jamais vu autant d’asperges de ma vie. J’en conclus que, quand ils ne boivent pas de la bière, les Allemands sucent des asperges.