Les Allemands roulent : de la naissance à la mort, comme sur des roulettes ? Bien sûr, ils font du vélo en famille.
Les parents, de toute classe sociale, en toute tenue, y compris les Trachten. Les enfants roulent avec eux.Quand ils sont trop petits, on les place dans des remorques, tirées par un vélo parental. Ces remorques sont peut-être l’accessoire à vélo le plus répandu.
En général, elles ont une capote pour protéger la marmaille de la pluie comme de l’excès de soleil, parfois munie d’un fanion qui la signale à l’inattention des autres usagers de la voie publique. A l’intérieur, l’enfant est dans un véritable fauteuil – parfois pour deux, même si la démographie n’y est pas favorable. La remorque est attachée à l’axe de la roue arrière. Elle peut facilement en être détachée : dans ce cas, la remorque sert de poussette, massive, qui protège l’enfant aussi bien qu’un panzer.
On l’utilise aussi (la remorque, pas l’enfant) pour faire ses courses : sa capacité est importante et on la voit souvent remplie jusqu’à la gueule. Mais que d’inventivité pour le confort des enfants !
Quand l’âge se fait sentir, ils continuent de rouler le plus longtemps possible. J’ai un collègue qui va travailler en vélo, quarante minutes aller, quarante minute retour, à 70 ans bien portés. Si les jambes ne suivent pas, il y a bien sûr la solution extrême du fauteuil roulant, souvent automatique, auquel peut aussi être adapté la fameuse remorque. Sinon, les vieux déambulent.
Non pas avec ces immondes déambulateurs d’hôpital qui vous donnent envie de vous suicider. Non, des déambulateurs à roulette, munis d’un petit siège pour les pauses et d’un panier pour des courses. Et l’on voit dans les rues,d’innombrables petits vieux voûtés pousser leur siège à roulette devant eux.L’Allemagne est un pays de vieux choyés où les enfants sont rois.
*
Pour les curieux, j’ai rassemblé quelques photos ici.
