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samedi 1 mai 2010

Un printemps bavarois

Quel étrange sensation de partir en mars, en hiver, frigorifié, et de revenir en avril, sous le soleil, en chemisette, stupéfait de retrouver son anorak suspendu au-dessus de ses grosses chaussures. Car, je l’avoue, j’ai un peu triché, je n’étais pas là pendant trois semaines et les derniers messages avaient un petit peu été écrits à l’avance…


Peu importe, le soleil est là, la nature exulte, les fleurs à peine écloses sont chassées par des feuilles impatientes de colorer la ville en vert. Il faut sortir les affaires d’été, enfin ! Qui dit soleil, dit, à Munich et partout autour, saison des Biergarten. Le Viktualienmarkt est à nouveau inondé de monde, ce n’est plus un marché, mais un vaste Biergarten qui bruisse, où les gens sont attablés autour de gros bocks de bière dont on entend les tintement, Kling ! Kling ! Zum Wohl ! S’ils n’ont pas de place assise, ils boivent ou mangent debout autour de petites tables (ce sont les Imbiss) en riant à gorge déployée, comme ce groupe de gros Bavarois délicieusement caricaturaux. Qui veut le même chapeau ?



Le long de l’Isar, la rivière qui traverse la ville, se trouve un grand jardin public étendu sur plusieurs kilomètres, l’Englischer Garten. Le dimanche, il est envahit pas les Munichois de tous âge, qui viennent s’y dorer la peau, jouer, faire de la musique, manger, pourquoi pas faire du pédalo sur un petit lac artificiel et, bien, sûr… boire une bière dans un Biergarten, car il y en a plusieurs dans le jardin.



Alors, après avoir longuement (enfin…) marché, fait travailler ses mollets avec le pédalo, comment ne pas résister à un petit peu d’Obadza, sur un gros Brezn, avec une bonne bière ?

lundi 19 avril 2010

Le retour de la blanche

Un jour pas si lointain, j’ai été tenté par une aventure : me cuisiner une saucisse, une locale, une vraie. Or, quoi de plus Munichois que la Weisswurst ?


Me voilà donc parti chez un boucher de quartier, qui est aussi boulanger et épicier, on ne sait jamais. Je lui achète donc une paire de Weisswurst, car elles vont toujours par paire, contrairement aux Knödel, ces boulettes qui sont normalement esseulées, comme quoi il ne faut pas pousser la métaphore sexuelle trop loin. Le jovial boulanboucher m’a demandé si j’étais Français. J’étais un peu vexé et ai incriminé mon médiocre accent, mais il m’a assuré l’avoir deviné quand j’ai manifesté un vif intérêt pour le Rotweinkäse, un fromage au vin rouge (théoriquement). L’amour du vin et du fromage est bien un atavisme qui trahit le Français. J’assume.


Cuisiner une Weisswurst est une affaire des plus complexes. Il faut d’abord sortir les saucisses de leur paquet pendant que l’on fait chauffer de l’eau. Lorsqu’elle atteint l’ébullition, on plonge les saucisses dans l’eau, en coupant immédiatement le feu, si feu il y a. On attend dix minutes.

On pose un Breze sur la table, un pot de Senf. Il faut alors sortir les Weisswurst de l’eau pour les servir et manger immédiatement. Et c’est bon comme en brasserie ! Étonnant, non ?


lundi 12 avril 2010

Camembert!





On pourrait croire qu’au pays des Käse insipides sous plastique, le Français amateur de fromage risque de se souffrir sous le manque. Il n’en est rien. On peut trouver, en cherchant un peu, des fromages allemands dotés de cette rare qualité qu’est le goût, j’en parlerai peut-être une autre fois. Mais on trouve surtout les fromages français en grand nombre et en premier lieu, le plus connu d’entre eux, s’il en est le roi, le camembert.


Il n’est pas de supermarché qui n’en offre un choix important dans ses rayons (ci-dessus et ci-dessous, deux rayons du Galleria Gourmet. Il ne reste plus qu’à tâter la bête pour la faire vieillir à point chez soi.



Sur le formidable Viktualienmarkt, le marché en plein air, et bien ailleurs à Munich, on trouve de véritables fromagers qui regorgent de fromages français, et naturellement de notre camembert, parfois affiné de façon assez raffinée, en l'occurrence au Calvados.



Faut-il donc imaginer un Bavarois, de feutre et de plume chapeauté, se frottant les mains en humant la croûte blanche qui trône au milieu de la table ? Que nenni ! Ici, le camembert se mange cuisiné. La première spécialité est celle-ci, appelée l’Obazda. Le camembert (ou le brie...), un peu fondu, est mélangé à du fromage blanc frais, de l’oignon (parfois), des herbes et/ou des épices, parfois de la bière. Le mélange se tartine sur du pain dense et brun, cela va de soi. L’apéritif roi de la Bavière est l’Obazda !



Le claquos se cuisine également chaud. Tous les restaurants proposent ainsi du gebackener Camembert, du camembert cuit au four, après avoir été pané. Il est accompagné de Preiselbeeren, des airelles, souvent en confiture. Légèrement croûté, il est naturellement fondant lorsqu’on l’ouvre.

Assorti d'une salade, il fait office de plat principal, comme ici, Mais il peut aussi entrer dans la composition des copieux brunch allemands, dont vous avez ci-dessous un exemple berlinois, au milieu d'un autre fromage, lui aussi pané, sur un lit de pommes, juste fondues d'œufs brouillés, avec bacon et saucisse, de saumon fumé, de crevettes en sauce aurore, etc. Car Berlin est aussi une capitale en matière de brunch.



Vous voyez bien que l’on est ici de l’autre côté du limes.