
La chancelière a bien fait traîner les choses avant d’accepter de contribuer (un peu) à l’aide en faveur de la Grèce, puis d’être contrainte de participer à un plan général de sauvetage (le mot est peut-être exagéré) de la zone euro. Il est assez probable que ses tergiversations ont contribué à aggraver la crise et ont pour effet d’obliger l’Allemagne, qui ne voulait pas payer, à payer bien plus encore. Il fallait s’y attendre, mais Cassandre ne peut s’en réjouir, tant la potion va être amère, pour les Grecs bien sûr, mais aussi pour tous les Européens. Il y a fort à parier que les équipes au pouvoir en profiteront pour continuer de liquider un peu plus les services publics et le malaimé État-providence. Pendant ce temps, les affaires continuent.

Merkel fondait son attitude sur une hostilité d’une majorité d’Allemands à cette aide philhellène. Cette hostilité était bien palpable, j’en ai eu plusieurs témoignages assez irritants. voir aussi ici) La chancelière craignait aussi de perdre les élections dans l’important Land de Rhénanie-Westphalie, dont la conséquence est la perte de sa majorité dans la chambre fédérale du parlement, le Bundesrat. Bref, elle agissait aussi par démagogie et calcul politicien, quitte à attiser l’incendie et à mettre l’Europe à genoux. Les élections ont eu lieu dimanche : le parti de la Chancelière, la CDU, les a magistralement perdues (10 points en moins). La gauche (surtout les verts, bien moins le SPD, un peu Die Linke) formera le prochain gouvernement local et Merkel a perdu sa majorité au Bundesrat. Elle a choisit l’irresponsabilité démagogique pour éviter la défaite électorale. Elle a et l’irresponsabilité et la défaite. Tout cela se passe à Berlin, non à Munich.
