Affichage des articles dont le libellé est traditions bavaroises. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est traditions bavaroises. Afficher tous les articles

mardi 10 mai 2011

Jour de fête

Entre la Frühlingstfest (décevante), la « fête » de la croix rouge, les animations des parcs, il y avait de quoi satisfaire un instinct grégaire et se distraire dans la foule de Munich le week-end dernier. Nous avons plutôt fait un petit tour à l’Auer Dult : ce marché se situe au pied d’une église, dans le quartier ou coule un petit affluent de l’Isar, l’Au (il se tient aussi à l’automne : ici). C’est un autre monde. Certes, on y trouve des brocanteurs, mais ils sont minoritaires dans ce grand marché. On voit plutôt des démonstrateurs volubiles vanter les mérites de tel produit de nettoyage, de tel aspirateur, balais, que sais-je encore. On peut y acheter des coussins et des fauteuils relaxants, des balais, de la vaisselle comme s’il en pleuvait et des magnifiques blouses comme on en vendait dans la foire de Bellac du temps de ma grand mère (je vous laisse découvrir l’endroit).Des sous-vêtements d'un goût exquis...
Le public est varié, mais les Trachten s’y montrent en grand nombre et l’amateur peut s’acheter des Lederhose d’occasion, bien culottés. On y danse en trachten,

arborant une pilosité du XIXe siècle – pour les hommes. Quelques boutiques de nourriture, un Biergarten et des manèges complète ce marché, au fond plus sympathique que la Frühlingsfest. C’est une fête de village. Jour de fête dans le centre de Munich.


mardi 3 mai 2011

Avez-vous l’hure ?

Finalement, je ne me suis pas fait tatouer (voir ici). J’ai préféré tester la Frühlingsfest. Mauvais choix sans doute, elle ne vaut vraiment pas le détour. On l’appelle parfois la « mini Oktoberfest » : vraiment mini, en effet. Une fête au village, rien de plus. Mais sur le Theresienwiese, où elle est installée, se trouvait samedi dernier un très grand marché aux puces, que l’on voit ici depuis la Bavaria, la statue qui la personnifie – et qui a les bras puissants de celle qui s’entraîne à porter 10 bocks de bière d’un litre. C’était un vrai marché aux puces, pas une opération d’antiquaires. On n’y trouvait vraiment n’importe quoi et un peu de tout. Jouets à profusion, vêtements usés, appareils électriques déglingués, vinyles, vielles photos, revues, BD, comme une plongée dans les trente ou les quarante dernières années, avec parfois des familles qui soldaient des bouts de vie. Tout Munich s’y est donné rendez-vous, des babas aux inévitables entrachtés.

Quelques raretés ont attiré mon œil. On trouve naturellement quelques trophées, si courants dans ce pays de chasse, dont voici un premier, et un deuxième exemple, pris sur le même stand. Dommage, je n’ai pas assez de place dans mon salon, ni ici ni à Paris.

Un peu plus loin, ce cadre. Un uniforme ancien, n’est-ce pas ? Regardez-bien, quelques autocollants blancs masquent des détails de l’uniforme, qu’il est facile de deviner : des croix gammées, pour cet uniforme de la Luftwaffe (sauf erreur de ma part). Le portrait est daté de 1943. On échappe difficilement au malaise, surtout quand on a vu, sur un étal, quelques vieilles revues des années 1930 (1936-1938), dédiées à l’armée de l’époque, avec un manuel de formation militaire. Pas de Mein Kampf cependant. Soyons honnête : ces trouvailles sont fort rares et l’immense majorité des stands fait plutôt allusion soit à des choses bien neutres de la vie quotidienne, soit à la contre-culture, à l’ésotérisme, au militantisme anti-nucléaire, bref à l’Allemagne gauchiste. Mais il est tout de même quelques vendeurs et, peut-on supposer, quelques vendeurs malsains.

samedi 23 avril 2011

Non ma fille tu ne danseras pas ce soir


Le printemps devient estival - 25 degrés à l'ombre... La ville est parée de soleil et de décorations de Pâques, œufs et lapins à foison (ici une vitrine d’une librairie de mon quartier).
On envie de faire la fête. C’est pourtant impossible d’aller danser, ni hier vendredi, ni ce soir samedi, et ce dans toute la Bavière. L’interdiction (Tanzverbot) est très contestée à Munich, ville où l’on ne rate jamais une occasion de s’amuser – boire, manger, chanter et danser. Mais le gouvernement est entre les mains d’une majorité chrétienne conservatrice qui a maintenu cette vieille loi – qui a des applications comparables ailleurs en Allemagne. Elle est un peu détournée (voir ici pour les gays et un article plus détaillé), mais reste en vigueur et largement appliquée. On ne plaisante pas plus avec la religion qu’avec la bière, tant pis pour les esprits forts et sobres.

vendredi 15 avril 2011

Je préfère les brunes

Vous qui attendez des confessions sur ma vie sentimentale, passez votre chemin. Il ne s’agit que de bières. En effet, depuis un mois le carême est entretenu par la Starkbierfest, qui a lieu dans la plupart des grandes brasseries. Là encore, j’en ai parlé l’an passé (), venons à l’essentiel.
Ayant un faible pour la brune des Augustins, nous sommes d’abord allés à l’Augustiner. Comme toujours, il y a un orchestre dans la cave, bien entrachté, qui commence par des morceaux bien pouêt-pouêt – sauf si l’on nourrit une passion pour la Schlager et pour le folklore bavarois, tous les vices sont après tout possibles.


L’ambiance monte, les gens commencent à monter sur les bancs,
à se trémousser au fur et mesure qu’ils vident leur mousses. Ca chante, un peu n’importe comment, mais, au fond, quant on atteint quelques standard de rock, on se laisse un peu happer.

On sort en se demandant avec inquiétude (te parfois en zigzaguant) si l’on n’est pas en train de se germaniser.

Deuxième essai au Nockerberg, un très grand Biergarten sur une petite colline qui domine l’Isar, the place to be (me dit-on) pour la Starkbierfest. Tous les politiques vont s’y montrer et faire admirer leur lever de coude. Le lieu appartient à la brasserie Paulaner, qui est installée en contrebas : une âcre odeur de malt flotte sur les rues qui conduisent au mamelon (vient nous servir à boire). Une énorme « tente », comme à l’Oktoberfest, accueille jusque 2500 convives. L’Augustiner paraît intime, lorsque l’on pénètre cette marée humaine, presque intégralement dressée sur les fragiles bancs des Biergarten.

Les bocks de Paulaner Salvator (leur bière forte) s’entrechoquent, on chante et nombreux sont les hystériques de la brune. Si l’on est assis, on se retrouve minoritaire, avec des rangées de popotins qui s’agitent en rythme juste au niveau des yeux.

Au-dessus (sous les ballons), comme en-dessous des tables, l’ambiance est un peu surréaliste.
Tout est passé à la sauce schlager, même cette merveilleuse mélodie de Que sera sera. Un peu de rock relève le niveau. Les bancs résistent mal au traitement qui leur est infligé.
La bière est plus amère que l’Augustiner, plus forte et vraiment moins bonne. Elle est en tout cas moins indolore. Il est temps de faire carême.

samedi 5 mars 2011

Brunch cochon


Non loin de chez moi, dans un quartier tranquille, se trouve une ancienne auberge, Gasthof Wöllinger – ici sous la neige (leur site ). À l’intérieur, dominent les boiseries, les inévitables trophées de chasse et les alignements de bocks de bière en céramique. Pour les fêtes s’y ajoutent une surprenante décoration à base de Bretzel, très bavaroise au fond.
L’endroit est assez couru par une clientèle locale, familiale et très bon enfant. Le dimanche, c’est le jour d’un copieux brunch. Outre un grand choix de fruits secs, de charcuterie, de fromages, de fruits frais, outre du pain à gogo, du müesli à composer soi-même, outre des œufs brouillés, des saucisses, on trouve des pommes de terre sautées, des knödel, du pâté de sanglier (à tomber par terre) et… un cochon de lait entier. Il trône au milieu de la salle, et l’on va s’y découper une tranche à même la bête. Ce n’est pas un brunch pour âmes sensibles.

Une cloche sonne et des plats de mousses (au chocolat) abondamment dotés font leur apparition, suivis par de grandes poêles d’un formidable et non moins bourratif Kaiserschmarrn.
On est alors rempli pour la semaine. La dernière surprise est de constater à quel point on a été frugal : les Allemands poursuivent le repas par de grands verres de bière et l’addition est baissée de moitié (soit 10 euros), parce que « vous êtes arrivés après douze heures, il y a beaucoup moins de choses ». Je l’ai échappé belle.

vendredi 24 décembre 2010

Noël Noël, Weihnachststimmung

Nous voici enfin à Noël, après deux mois de préparation et de matraquage. Si j'ai ironisé, je dois cependant dire qu'il est difficile de résister à l'ambiance qui règne ici, la Weihnachststimmung. Certes, la neige aide pour la touche finale.

Mais la ville est un immense marché de Noël, ou plutôt une galaxie de petits marchés de Noël. J'ai déjà parlé l'an passé du principal, qui s'étale de la Marienplatz jusque derrière l'hôtel de ville. Il a des surgeons partout, qui possèdent chacun leur originalité. Celle-ci est toute relative, comme ici, lorsque le stand imite la forme de la cathédrale, la Frauenkirche, sise juste au-dessus, au cas où l'on n'aie pas compris que l'on se trouve à Munich...

A l'origine, le marché de Noël était l'endroit où l'on achetait les décor de Noël. C'est encore le cas, même si les supermarchés lui font une forte concurrence,
et si le kitch peut souvent régner sans partage...Y compris pour les inévitables crèches, qui bénéficient d'une batterie de stands, offrant des armées de personnages.
C'est la spécialité d'un marché du centre, muni d'un pavillon à Glühwein
qui imite l'un des jouets qui agrémente les tables des petits allemands, que l'on pourrait en quelque sorte baptiser une crèche tournante.

Voici le modèle par lequel je tente de germaniser mes neveux.

Mais, en Allemagne, qui dit fête ou lieu public dit abondance de nourriture. Je vous épargne les montagnes de saucisses. Cette année, mettons en valeur les schumpfnudeln: ce sont de sortes de gnocchi en forme de fuseaux, revenus sur la poêle et souvent mélangés avec de la choucroute. C'est lourd, mais roboratif et souvent fort bon. Ou alors je suis trop germanisé.
Les becs sucrés sont aussi à la fête, avec les étals de gourmandises, dont les plus prisées sont les Lebkuchen, sort de pains d'épices recouverts d'un glaçage de chocolat.
Ma préférence va aux Stollen, ces denses brioches aux fruits secs, imbibées de beurre,

Et dont les plus savoureuses sont farcies de pâte d'amandes - ce sont les Marzipanstollen.
Parmi les marchés visités cette année, j'ai découvert le "marché médiéval".Avec un nom pareil, on s'attend à du kitch. C'est le cas: stand en pseudo-colombages, vente d'arbalètes, de fourrures, de potions de toute sorte, animations comme conteurs, chevaliers, cracheurs de feu...
On y mange naturellement, du sanglier, du cochon cuit comme il se doit dans des fours rustiques.
Lorsque le marche ferme, un gugusse vient sonner dans un cor en trimballant sa hallebarde.


Mais la découverte de l'année est Le Pink, le marché de Noël gay et lesbien (situé au sud de la Sendliger Tor)
Tout y est rose, à commencer par les lampadaires dont la lumière rosit la neige qui tapisse les branches des arbres de la petite place.
Passé la première impression, tout y est banal, on y boit du Glühwein, on y mange et on y vend des décors ou des choses un peut idiotes - et un peu roses.
Mais l'animation est assurée par un transformiste (non vu) ou un jeune plein d'entrain qui chante ds chants de noël sur un tas de neige, en les agrémentant de beats (sans jeu de mots).



Certains se laissent entraîner, comme ce fringuant moustachu à l'écharpe panthère, devant son échoppe, à coup sûr le plus beau de la fête.

regardez-le bouger un peu.

Après ça, on peut manger une saucisse n'importe comment, en toute liberté.
Dire que c'est déjà fini et qu'il restait une bonne dizaine d'autres marchés à explorer! Oui mais voilà, il m'arrive aussi de travailler. Le Glühwein, Pink ou pas, n'est pas propice à la concentration.

A l'an prochain? Qui sait, last Christmas, Munich take my heart, pour paraphraser la chanson que l'on doit y subir...
Joyeux Noël à tous!