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jeudi 7 avril 2011

Les masques sont tombés

Le blog est conforme à la période : il fait régime, enfin carême. Au point que j’ai à peu près passé sous silence Fasching, le carnaval, qui s’est achevé il y a déjà quatre semaines. Comme je l’ai déjà évoqué l’an dernier (ici), je passe sur les détails de ce rite qui rend un peu hystériques les Allemands. Le jour de clôture donne lieu à un festival de déguisements du plus haut niveau esthétique. Je me contente donc de livrer, pour le plaisir des yeux, un petit florilège de tronches.

Comme c’est normal, l’ambiance était très Grün
Nature, avec ces champignons (peu nucléaires)
Un épouvantail
Un tête de cochon
Et bien plus : là, vraiment, il faut oser
Encore des z’animaux
Et le chasseur, inévitable dans ce pays où les trophées les murs de tous les restaurants, ou peu s’en faut. Mais est-il vraiment déguisé ?
Encore bucolique, la famille lutin..
Un animal, avec des voisines d’un goût un rien douteux.
Peu de costumes historiques, à part les vikings, toujours très prisés, surtout depuis le film « Wickie und die starken Männer »,
Et enfin Rome vint, d’abord aux provisions
Puis en formation !
Beaucoup de travail, mais tout de même peu de provocations, peut-être un clown inquiétant
Et bien sûr une drag queeen, qui était là l’an passé, et qui a choisi cette fois-ci le thème « nous ne sommes pas des nouilles » (si l’on peut désigner ainsi des spaghetti)
Enfin une famille Milka-dinosaure, du grand n’importe quoi.
Tout cela est amusant et bien fantaisiste, mais on est très, très loin du carnaval de Venise. Nous sommes en Allemagne, et en voici une autre preuve, la photo de ce qui consiste la clé de la réussite de l’événement et ce qui relie tous les participants.

Bref, on se déguise juste pour la rigolade, comme on le dit fort bien ici:

Les Inconnus - Préservatifs européens von Elo_pitchounne56
Et après, carême, vraiment ?

lundi 1 mars 2010

Et le carême alors ?


Fasching était à l’origine un vaste défouloir avant que les peuples ne plongent dans la contrition pour le carême. Ici, le carême s’ouvre avec l’Aschermittwoch. C’est le jour du poisson : tous les restaurants concoctent un menu de poisson. Mais on ne fait pas les choses à moitié : la rubrique « partys » de la revue In München comprend ce jour une rubrique Aschermittwoch, où l’on peut recenser « Das grosse Fischessen » et d’autres banquets de poisson qui ont pour la plupart lieu en plein air. A peine les lampes du carnaval éteintes, on entame le carême par de grandes ripailles. Ce n’est certes que le mercredi initial. Mais on nous annonce pour la fin mars une Starkesbierfest, probablement l’équivalent de la bière de mars. Les privations ne sont pas pour demain.

Pour les estomacs, le temps du carnaval est rythmé par les Krapfen, ces beignets qui méritent parfois mieux que le dédain que j’ai affiché. Pourquoi s’en priver ? Les boulangeries en regorgent encore, mais en les soldant. Ils n’ont pas disparu que sont immédiatement apparus les chocolats de Pâques. Les supermarchés ont déjà monté de vastes rayons où le lapin Lindt se taille la part du lion - ce qui le changera.

Dans les boulangeries le succès des étals est l’Osternfladen. Il s’agit d’une brioche aux amandes à la pâte épaisse, mais au goût fin. Je n’y ai pas résisté.

Je sens que je vais activement faire carême.

samedi 27 février 2010

Fasching, c’est fini


Le carnaval de Munich, s’il n’a pas la réputation de celui de Cologne, est un événement qu’il est difficile à ignorer. Si le travail et l’absence d’un quelconque déguisement m’ont retenu d’y vraiment participer, je le voyais un peu partout (voir les précédentes notes, ici et ). Les deux derniers jours, le Rosenmontag et le jour de Fasching lui-même, notre mardi gras, en ont été le bouquet final. La semaine est prise par les vacances scolaires (Faschingsferien). Partout, si le mardi n’est pas officiellement férié, on ne travaille plus à partir de l’heure du déjeuner. En réalité, beaucoup de personnes prennent un week-end prolongé de quatre jours. Mon centre de recherche était désert jusqu’au mercredi.
Le matin de Fasching, tout le monde se retrouve sur le Viktualienmarkt, le grand marché ouvert du centre-ville. On peut à peine y accéder tant il est noir de monde, comme la Marienplatz, la place de la mairie qui lui est attenante. Ce matin-là, le soleil ajoutait à l’ambiance festive. Partout, des stands de boissons et de nourriture rapide. On n’est pas effrayé pour boire bière et vin au goulot, quel que soit le sexe et le déguisement.


A 11 heures débute la « danse des femmes du marché », die Tanz der Marktfrauen. Une grande estrade occupe le centre du marché. Lorsque l’on n’est pas matinal, on ne peut guère que l’observer de loin. Cela dit, il n’y a rien d’immortel. Ces dames, vêtues de tenues bariolées et kitchissimes, dansent sur des airs plus ou moins traditionnels, en tout cas bien connus de la foule qui ondule en rythme et chantonne (voir les médiocres vidéos ci-dessous, écourtée pour cause de bousculade).


Une fois que ces dames se sont secoué ensemble, la voix est aux sonos qui sont installés au quatre (ou cinq ? six ? allez savoir) coins du marchés, et pourvues de débits de boissons. Tout le monde est déguisé, la palme des plus ridicules, ou des plus amusants, selon les goûts, revenant souvent aux plus âgés. L’ambiance, malgré l’alcool qui coule à flots, est bon enfant, comme dans toutes les fêtes populaires allemandes. Les déguisements sont au mieux kitch, mais rarement transgressifs. Nous sommes dans la catholique Bavière. Il y a bien quelques exceptions comme celle-ci, mais ce sont des raretés. Pour mieux en juger, vous pouvez regarder la collection de photos mise en ligne ici.

L’après-midi, le centre ville était transformé en une énorme boîte en plein air. L’ambiance était assurée par Lou Bega. Une célébrité, grâce à son tube, Manbo n. 5. Ravivez vos souvenirs ou allez voir ici, ou pour une version sage. Je ne saurais rien en dire de plus, je me suis attaché tout l’après-midi à ma table de travail.

La fête continuait évidemment le soir, avec des « partys » dans tous les bars, les boîtes comme les restaurants. Je me suis contenté d’aller manger une Flammenküche à la Pfälzer Weinstube, le restaurant qui se trouve dans le palais de Munich, dont j’ai déjà parlé ici. Avec profit, car j’ai enfin pu goûter un bon vin, un Riesling du Palatinat qui se hissait presque au niveau de ses cousins d’Alsace. Tout était naturellement décoré et l’on dansait dans une salle. Suite à un appel moins traditionnel que le matin, pompom Pom… lalalala pompom Pom… puis vint la voix de M. X (utilisation culte de cette musique; voir ici pour une plus classique, version en public) . Mais nous sommes déjà au sud et ce fut la valse qui mit tout le monde d’accord pour danser, entre inconnus, entre les tables et repartir avec le sourire.

mercredi 17 février 2010

Fête blanche


La Weisse Feste, dont j’ai parlé il y a peu, a en effet battu son plein. La Max-Emmanuel Brauerei est proche de mon lieu de travail et j’ai parfois eu le soir l’occasion de passer devant. Les photos en ligne sont conformes à la réalité. Devant la brasserie, dès 20 heures, sont massés des fêtards de blanc vêtus, parfois en shorts et en bras de chemises, déguisés en infirmiers(-ères), en élégantes un rien dénudées des années folles, en laborantin(e)s, etc. On croise des anges, des femmes ,en tenue indéfinissable, pourvues de perruques vert ou rose vif et munies d’énormes lunettes. On danse un peu, on boit beaucoup. Un groupe de petits marins, vrais minets, est agglutiné au bar. Dans toutes les rues adjacentes, à la sortie du métro, on ne cesse de croiser des Munichois dont la tenue blanche trahit la destination.
On pensera peut-être que j’y suis finalement allé. Pas du tout, j’ai juste observé ce que je voyais en revenant du cinéma. Pour moi, la Weisse Feste est dehors. Elle est dans cette couche blanche qui recouvre la ville, ses toits, ses trottoirs, ses rues, ses auvents ; qui transforme les voitures en gros chamallows, qui s’infiltre dans les plis des vêtements, sur les rebords des fenêtres, les encoignures des portes, les branches des arbres, des buissons épineux. Quand elle fond un peu, avant que le gel ne revienne pour la figer, d’innombrables stalactites scintillants poussent comme attirés par le magnétisme. Les grosses voitures en ont des dents qui ne les rendent que plus agressives. Mais, en amollissant les reliefs et en amortissant les sons, la neige adoucit la ville, dépose partout un grand calme feutré, tantôt reposant, tantôt fascinant, tantôt inquiétant. Voilà Noël qui dure depuis deux mois ! Seraient-ce des vacances permanentes ?
Mais la neige est là avec son corollaire, la meute des tracteurs chasse-neige qui viennent chaque matin vous rappeler que eux, ils travaillent, et que vous pourriez en faire autant. Pour les vacances, on repassera.







Le soleil s’annonce et l’on devine que la fonte de la neige aura des vertus pour ceux qui ne se lèvent pas à cinq heures du matin.