Munich, Asamkirche (XVIIIe s.), Sendligerstrasse.
dimanche 8 mai 2011
jeudi 17 février 2011
Münster sans odeur
Certes, tout a été radicalement détruit dans des bombardements particulièrement efficaces. Mais, comme ailleurs, on a tâché de reconstruire à l’identique, comme ici le Rathaus,
ou dans l’esprit, en respectant formes et matériaux anciens. Tout est toc, mais plaisant. Le soleil qui y régnait il y a deux semaines ajoutait au charme de la visite.
Dans le genre toc amusant, l’église Saint Lamberti, où l’on a même réinstallé les cages où furent exposés en 1536 les corps des chefs anabatistes, pour y pourrir. Je vous passe l’explication sur cette secte (nom qui désigne les religions n’ayant pas réussi) qui s’était emparé de la ville et y fut exterminée.
Plus intéressant, et magnifiquement restaurés, sont les monuments baroques de la ville, ici un palais d’évêque (Erbdrostenhof, à vos souhaits)
et une chapelle (liée à un hôpital détruit en 1945), la Clemenskirche.
Outre les volumes, j’aime particulièrement l’alliance de la pierre et de la brique.
A l’intérieur, les fresques offrent parfois des coups d’œil intéressants,
mais le bleu des colonnes est d’un kitch écœurant comme un jarret de porc baignant dans une choucroute trop grasse.
Est-ce dû à une restauration hasardeuse ? À un peintre baroque un rien provincial ?Mais tout finit, comme toujours, par une bière dans cette fort accueillante brasserie.

De cette ville active et charmante, je repars songeur. Y a-t-il en Allemagne une ville qui ne soit un décor moderne, imitant la vieille Allemagne, celle d’avant la folie qui la fit disparaître dans le fer et le feu ? Authentique est-il un gros mot ?
vendredi 14 janvier 2011
Le curé joyeux
Ce curé de l’église Saint-Paul serait-il un ancêtre, par le biais d’une relation non autorisée par l’Église ? Mais cela ne se produit jamais, nous le savons tous. Un cousin éloigné ? Un vil plagiaire?
dimanche 24 octobre 2010
Encore une longue nuit
Samedi dernier, je suis reparti, comme l’an passé, pour la « Longue nuit des musées de Munich ». Un bel événement, qui permet, avec un seul billet, de visiter 80 musées, d’assister à des concerts de toute sorte, tout en étant transporté gratuitement.
Pour commencer, un petit tour au Deustches Museum s’est imposé, ne serait-ce que pour en goûter l’étrange atmosphère, lorsqu’un bar est installé au milieu des avions de guerre. J’ai ensuite profité de la noria de voitures de collections qui partaient du musée.
Cette année, ce fut encore une américaine, une Studebaker verte.
Je laisse ici une petite vidéo de très médiocre qualité – le noir et la pluie automnale n’arrangeant rien. Mais vous pourrez au moins écouter le doux ronron de son moteur.
La voiture nous conduit sur l’autre site du musée, les Verkehrsmuseum. Toujours aussi beau, j’en parlerai peut-être une autre fois. Entre les trains, les trams et les voitures, nous avons eu droit à une animation bien sérieuse, une série d’exposés sur la sécurité au volant : ainsi les dangers du tonneau, ou comment sortir d’une voiture couchée sur le toit.
Cela s’est achevé par une déconcertante chanson avec des filles sans tête qui s’agitaient comme des poulets.
Le musée domine le site du Theresienwiese, où se tenait deux semaines plus tôt l’Oktoberfest. On pouvait librement le traverser, dans un étonnant silence, sous une discrète bruine. Les installations sont longues à démonter. Aussi pouvait-on encore admirer de près le bœuf en broche qui servait d’emblème à la tente de l’Ochsenbraterei.
Descendu de son piédestal, il gisait là, attendant qu’un camion ne l’emporte pour un sommeil d’un an.
On traversait aussi les gigantesques carcasses des tentes, ouvertes, désertes, comme dans un cimetière d’éléphants.

Non loin de là se trouve une église néogothique, Saint Paul, l’étape suivante. Pour une fois, les architectes n’ont pas versé dans la surenchère flamboyante,
mais adopté une certaine sobriété qui, la nuit, la rend particulièrement lénifiante.
Un petit saut vers le nord nous a transporté dans un autre monde à tous points de vue : la Pinakothek der Moderne, le musée d’art contemporain. Tout n’y est pas passionnant, surtout pour le très contemporain, mais il possède une assez belle collection de peintures, des Picasso, Max Ernst, un peu de Blaue Reiter, pas mal d’expressionnistes, etc. Le sous-sol est consacré au design : on y accède par un grand escalier fort bien éclairé,
qui donne une bonne idée de l’esprit du musée.
Le clou de la visite est le musée lui-même. Il s’articule autour d’un
vaste hall immaculé muni d’un haute coupole. Cet espace est très réussi.
Le plaisir de la déambulation a été pour moi la celui de la découverte du bâtiment bien plus que des collections. Enfin un monument d’architecture contemporaine réussi à Munich !
Pour finir, entre minuit et deux heures, je me suis offert un autre contraste avec le musée de la ville, dans un vieux bâtiment trapu. S’y tient l’exposition sur l’Oktoberfest dont j’ai parlé dimanche dernier. Il ne restait alors, les jambes lourdes, un peu fourbu, les yeux illuminés par une belle soirée, qu’à se laisser aller dans un taxi qui glisse en silence sur la chaussée mouillée, en savourant à l’avance la longue grasse matinée qui s’ensuivra.
jeudi 20 mai 2010
Bigot, bigot, bigot
Jusqu’à présent, je n’ai guère parlé ici de religion. La Bavière est pourtant une terre éminent catholique et la religion joue en Allemagne un rôle que les Français ne connaissent (théoriquement) plus depuis belle lurette. Le parti qui dirige la Bavière, la CSU, est un parti chrétien-démocrate, comme son grand frère, la CDU. Mais ici, chrétien veut dire catholique. "L’État libre de Bavière", comme les autres Länder allemands, se mêle de religion, qui n’en est pas séparée – gare à qui propose de supprimer les crucifix des salles de cours, comme l’a récemment demandé une ministre de Basse-Saxe, « issue de l’immigration », qui voulait la suppression de tout signe religieux. Il serait bien sûr impensable qu’une autorité prononce de tels propos en Bavière.
Ici, les jours fériés religieux sont plus nombreux qu’ailleurs. On fête même ainsi le jour des rois. Le législateur bavarois a interdit les fêtes musicales bruyantes la veille de la Toussaint : tout doit en théorie s’arrêter à minuit. Le catholicisme est partout, avec une ferveur particulière pour le pape actuel, Benoit XVI, qui est Bavarois. Un bas-relief en bronze le représentant orne un des premiers piliers de la nef de la Frauenkirche, la cathédrale gothique de Munich.
Il n’est pas rare de voir le soir des petits groupes de fidèles se regrouper sur la place principale, la Marienplatz, pour prier pour le pape.
Le catholicisme papal, intransigeant, convient bien à certains Bavarois. Voici le panneau qui vous accueille à l’entrée de la Peterskirche, jolie église qui domine le Viktualienmarkt :
même les horribles mains dans les poches sont prohibées. L’église ne doit pas être un repère de progressistes : l’autel y est situé au fond du cœur, le prêtre tourne donc le dos aux fidèles, selon un rite antérieur au concile de Vatican II.
Dans l’église des Jésuites, on explique aux fidèles comment prier : un panneau général recensant toutes les postures à prendre, à la manière d'un manuel de fitness,
Un autre pour chacune d’entre elles aux bons endroits.
Mais à qui s’adressent-ils ? Plutôt aux fidèles d’occasion.
Tout n’est donc pas si simple naturellement. La critique est vive et omniprésente, en particulier dans la Süddeutsche Zeitung. Ce journal a été en pointe dans la dénonciation des abus sexuels commis par des prêtres et couverts par la hiérarchie catholique, énorme scandale qui a fait des mois durant la une des journaux et, par ricochet, et a éclaboussé Benoit XVI, qui était à l’époque des faits archevêque à Munich. Et ce n’est pas fini ! Du reste, il semble que près de la moitié des Chrétiens de Munich soient des protestants, venus des autres régions d’Allemagne. Le maire de Munich, Christian Ude, est lui-même un protestant. Quant aux fêtards, ils ne se laissent guère impressionner par les oukases.



