Affichage des articles dont le libellé est Noël. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Noël. Afficher tous les articles

mardi 31 janvier 2012

Retour de flamme

Quand il n'y en a plus, il y en a encore... Pour finir dignement 2011, nous nous retrouvâmes à Munich. En vacances là où je travaillais quelques mois plus tôt, juste pour le plaisir, la joie de voie les amis et la ville, froide, mais ensoleillée, ses marchés de Noël pleins d'odeurs, de couleurs et de sourires. Ses lumières le soir, et, naturellement, des douceurs, un peu de neige (ici le fameux Gartensalon) pour la Weihnachtsstimmung. C'était parfait.

Je ne rouvre pas pour autant le blog, j'offre juste quelques photos pour souhaiter une bonne année à ceux qui persistent à y passer. Mais, si ce sont des amis: joignez-moi à Paris!

vendredi 24 décembre 2010

Noël Noël, Weihnachststimmung

Nous voici enfin à Noël, après deux mois de préparation et de matraquage. Si j'ai ironisé, je dois cependant dire qu'il est difficile de résister à l'ambiance qui règne ici, la Weihnachststimmung. Certes, la neige aide pour la touche finale.

Mais la ville est un immense marché de Noël, ou plutôt une galaxie de petits marchés de Noël. J'ai déjà parlé l'an passé du principal, qui s'étale de la Marienplatz jusque derrière l'hôtel de ville. Il a des surgeons partout, qui possèdent chacun leur originalité. Celle-ci est toute relative, comme ici, lorsque le stand imite la forme de la cathédrale, la Frauenkirche, sise juste au-dessus, au cas où l'on n'aie pas compris que l'on se trouve à Munich...

A l'origine, le marché de Noël était l'endroit où l'on achetait les décor de Noël. C'est encore le cas, même si les supermarchés lui font une forte concurrence,
et si le kitch peut souvent régner sans partage...Y compris pour les inévitables crèches, qui bénéficient d'une batterie de stands, offrant des armées de personnages.
C'est la spécialité d'un marché du centre, muni d'un pavillon à Glühwein
qui imite l'un des jouets qui agrémente les tables des petits allemands, que l'on pourrait en quelque sorte baptiser une crèche tournante.

Voici le modèle par lequel je tente de germaniser mes neveux.

Mais, en Allemagne, qui dit fête ou lieu public dit abondance de nourriture. Je vous épargne les montagnes de saucisses. Cette année, mettons en valeur les schumpfnudeln: ce sont de sortes de gnocchi en forme de fuseaux, revenus sur la poêle et souvent mélangés avec de la choucroute. C'est lourd, mais roboratif et souvent fort bon. Ou alors je suis trop germanisé.
Les becs sucrés sont aussi à la fête, avec les étals de gourmandises, dont les plus prisées sont les Lebkuchen, sort de pains d'épices recouverts d'un glaçage de chocolat.
Ma préférence va aux Stollen, ces denses brioches aux fruits secs, imbibées de beurre,

Et dont les plus savoureuses sont farcies de pâte d'amandes - ce sont les Marzipanstollen.
Parmi les marchés visités cette année, j'ai découvert le "marché médiéval".Avec un nom pareil, on s'attend à du kitch. C'est le cas: stand en pseudo-colombages, vente d'arbalètes, de fourrures, de potions de toute sorte, animations comme conteurs, chevaliers, cracheurs de feu...
On y mange naturellement, du sanglier, du cochon cuit comme il se doit dans des fours rustiques.
Lorsque le marche ferme, un gugusse vient sonner dans un cor en trimballant sa hallebarde.


Mais la découverte de l'année est Le Pink, le marché de Noël gay et lesbien (situé au sud de la Sendliger Tor)
Tout y est rose, à commencer par les lampadaires dont la lumière rosit la neige qui tapisse les branches des arbres de la petite place.
Passé la première impression, tout y est banal, on y boit du Glühwein, on y mange et on y vend des décors ou des choses un peut idiotes - et un peu roses.
Mais l'animation est assurée par un transformiste (non vu) ou un jeune plein d'entrain qui chante ds chants de noël sur un tas de neige, en les agrémentant de beats (sans jeu de mots).



Certains se laissent entraîner, comme ce fringuant moustachu à l'écharpe panthère, devant son échoppe, à coup sûr le plus beau de la fête.

regardez-le bouger un peu.

Après ça, on peut manger une saucisse n'importe comment, en toute liberté.
Dire que c'est déjà fini et qu'il restait une bonne dizaine d'autres marchés à explorer! Oui mais voilà, il m'arrive aussi de travailler. Le Glühwein, Pink ou pas, n'est pas propice à la concentration.

A l'an prochain? Qui sait, last Christmas, Munich take my heart, pour paraphraser la chanson que l'on doit y subir...
Joyeux Noël à tous!

samedi 13 novembre 2010

Ça sent le sapin


13 novembre.Le föhn souffle sur les Alpes et enveloppe la ville d’un manteau tiède. Le soleil illumine les bulbes, les toits et les flèches qui se détachent sur un ciel d’un bleu éclatant. Le Viktualienmarkt est plein à craquer, de gens affairés, de visages réjouis par le beau temps et surtout de buveurs attablés dans les Biergarten. qui écoutent les flonflons d’un orchestre bavarois. Revoilà enfin l’été indien.

Mais si l’on quitte le marché, on saute une saison plus loin. Voici la façade du grand magasin Kunstermann (siège d’une formidable café dont j’ai parlé ici), telle qu’elle se présente depuis la fin du mois d’octobre. Elle nous présente ses « Meilleurs vœux de Noël ». Les patrons sont-ils fous ? Pas le moindre du monde. On éprouve la même impression devant la vitrine du temple de la papeterie, dit « Kabuco », - avec une touche très bavaroise, le trophée de chasse -, ou à l’intérieur du même magasin, avec ses boules de Noël au plafond, et l’abondance des papiers d’emballage et des éléments de décoration – que l’on retrouve également chez Kunstermann et dans tant d’autres endroits.

L’alimentation n’est pas en reste : les étals croulent sous les « pains de fruits », les Lebkuchen (sortes de pains d’épices ronds recouverts d’un glaçage), les calendriers de l’Avent et surtout les énormes Christstollen (ou Marzipanstollen), les denses mais merveilleuses brioches de Noël. J’en raffole, mais deux mois à l’avance, à quoi cela rime-t-il ? Le soleil brille, nous sommes en bras de chemise et la ville est à l’heure de Noël. À peine les lumières de Noël seront-elles éteintes que l’on nous inondera du Carnaval, auquel succèdera sans une respiration aucune Pâques.

Laissez-nous tranquille quelques semaines ! Laissez-nous déguster le soleil ! Avec une bière, cela va de soi.

Zut, une rechute.

samedi 23 octobre 2010

La fête dure


Les flonflons ne s’arrêtent presque jamais à Munich. Dix jours après la fin de l’Oktoberfest, se tient l’Auer Dult sur la place qui entoura la Mariahilfskirche, sur la rive droite de l’Isar. L’événement s’y tient trois fois par an, à l’automne en octobre (cette année du 16 au 24). On y trouve quelques manèges, quelques débits de boissons parfois déjà présents sur l’Oktoberfest, mais à une échelle très modeste.

Mais c’est aussi un marché, où l’on peut acheter de quoi nettoyer sa maison, ou sa voiture, des draps, des chaussettes, des vêtements comme sur une place de village. Le plus intéressant est sans doute constitué par les boutiques d’antiquaires de toute sorte, qui donnent une couleur nostalgique au marché.

Le temps, cet automne, est médiocre. On n’est donc pas fâché de se réfugier dans les salles, les petites tentes, ou de boire dehors le premier vin chaud de l’année. Certaines boutiques permettent aux prévoyants d’acheter très en avance la décoration de Noël. Le soir, à la fermeture du marché, alors que les jours ne cessent de raccourcir, elles illuminent la nuit qui tombent. Comme un avant-goût de Noël.

L’Auer Dult, auquel les Munichois sont très attachés, est un étrange mélange entre une fête foraine, un marché de province, un marché aux puces et le marché de Noël. Il sert de modeste transition, de glissement progressif vers la ville hivernale. Déjà !

samedi 19 décembre 2009

Noël Noël

La neige n’est pas bien épaisse, mais elle résiste et chaque jour elle saupoudre un peu la ville d’un fin manteau de dentelle blanche. Le spectacle est au fond enchanteur, quelle que soit l’heure de la journée. Il faut juste se barder de vêtements épais de la tête aux pieds: aujourd’hui, la température est descendue jusqu’à -10°, -15° au début de la nuit… La fréquentation des marchés de Noël prend alors une tournure inattendue. Je dis des marchés, car il y en a à peu près partout ; sur la place centrale, devant l’hôtel de ville (la Marienplatz) et les rues adjacentes, mais aussi derrière l’hôtel de ville et sur une constellation de places des environs, sans parler de ceux du Theresienwiese, de Schwabing… On y trouve bien sûr de quoi agrémenter Noël dans la gemütlichkeit de son intérieur, des foules de bougies, de décors, lumineux ou non, en bois, très souvent, mais aussi en fer (ainsi de petites scènes rassemblant à de soldats de plomb dont les Bavarois sont friands), des jouets pour enfants, des chaussons, des écharpes et des gants de laine et des cadeaux de toute sorte. La ville entière est un espace qui incite à fêter Noël par un monceau de cadeaux.

Le marché de Noël donne le la, avec son ambiance festive, mais tous les magasins sont richement décorés et offrent une incroyable profusion de décors de Noël comme on n’en verra jamais en France. Même les paquets cadeaux suscitent l’émerveillement tant la variété en est grande et tant l’imagination peut s’en emparer. On peut même les acheter feuille par feuille… La gemütlichkeit fait aussi partie de l’ambiance des (grands) magasins : au lieu de fliquer le client, on s’ingénie à créer une ambiance agréable, confortable, à lui faciliter la tâche. Il finit toujours par acheter. Ainsi, la grande librairie de la Marienplatz, outre un café, a en son centre un vaste ensemble de fauteuils, de coussins et de sièges pour que chacun puisse y lire tout son saoûl. À peu près tous les grands magasins ont leur café (et une incroyable tripotée de vendeurs et vendeuses), mais celui du magasin d’aménagement de la maison Kaufinger, avec sa cascade de gâteaux replets, trapus, colorés, ses sièges en cuir et son odeur de café italien tient le haut du pavé. Au dernier étage d’une sorte de Printemps de la Marienplatz, Ludwig Beck, se trouve le plus grand magasin de disques de musique classique et de jazz que j’ai pu voir. Non seulement le choix est immense, la présentation soignée (et les prix normaux), mais absolument tous les disques peuvent être écoutés sur de véritables platines, avec de bon casques, à la volonté de chacun. La plupart des disques ne sont pas scellés et les livrets n’ont bien sûr pas disparu. Confiance, confort, qualité du service… La meilleure voie pour consommer de façon déraisonnable et avoir envie de se charger de cadeaux.

Pour achever de vous faire oublier toute préoccupation comptable, il y a ce qui constitue, au fond, l’essentiel des marchés de Noël : à boire et à manger. Tout d’abord le vin chaud, Glühwein, dont l’odeur envahit la ville, dès la sortie du métro – comme les intérieurs des bureaux, car on en boit lors des Weihnachstfeiern qu’on y organise (ainsi dans mon institut de recherche). Il se consomme debout, dans des tasses en céramique à n’importe quelle heure. Tout autour des débits de Glühwein (ou de punch chaud) se trouvent des petites tables ou des comptoirs pour s’accouder, parfois surmontés de petits toits, comme dans les Imbiss, ces petits endroits où les Allemands mangent le midi debout un plat modique et roboratif. Le nombre de stands de nourriture est tout simplement sidérant. Bien sûr, la saucisse grillée règne dans son petit pain rond, le Semmel, avec toutes ses variétés - beaucoup de bio. Mais on peut aussi manger du porc rôti avec des frittes, des Semmel aux harengs de la Baltique, au pâté de foie, des Schumpfnudel, sortes de gnocchis fins (pas du tout bleus), souvent mélangés avec de la choucroute, une profusion de desserts, Strudel variés, crêpes, diverses sortes de gaufres, de beignets, les Dampfknödel, des boulettes de farine (je n’ai pas essayé, ce sont des boules grosses comme des melons, noyés dans une sauce vanille), des fruits glacés dans le chocolat, des bombons, des pains d’épices, des Stollen (les brioches de Noël), toute sortes de pains d’épices, dont ceux, en forme de disque recouvert de chocolats noir (les traditionnels Lebekuchen) ou encore le fameux Kaiserschmarren (là, cherchez un peu !). Bref, on est souvent là pour manger, à toute heure, debout, sur les tables, en société, avec joie, les paquets de Noël posés aux pieds, dans la poudre blanche. De prime abord, cela paraît écœurant, mais avec un tel froid, je vous assure qu’un plat de Schumpnudel puis un petit Kaiserschmarren passent comme une lettre à la Poste (du temps du service public).

J’ai été bien long, mais le blog entre pour quelque temps en hivernage. Vous pouvez en attendant regarder quelques photos prises aujourd’hui ici. D’ici là, joyeux Noël à tout le monde et à l’année prochaine !