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vendredi 24 juin 2011

J'asperge à autre chose

J'en ai déjà parlé dans le passé (ici), mais il est agréable de voire revenir les saisons. celle des asperges bat son plein depuis deux bons mois et touche à sa fin. L'an passé, j'ai regardé cela avec un peu d'amusement mais de méfiance. Cette année, j'ai pris un peu plus de risques.

Car l'offre des restaurants est pour moi incroyable: asperges vertes et blanches, en salade ou grillées, avec du jambon, des médaillons de porc, entourée de lard, gratinée au fromage, avec des pâtes de toute sorte, du risotto, en soupe, en accompagnement de Wiener Schnitzel, avec un steack de bœuf, du sandre ou des scampi grillées...

On finit par être tenté. Oh surprise!, ce n'est pas mou flasque et un rien écœurant en bouche, mais savoureux, ferme (sans commentaires). Je comprends avoir mangé en France des apserges trop cuites et faites sans imagination. Du coup, j'ai bien dû essayé une demi-douzaine de plats, et ce fut presque un sans-fautes.
Du coup, je regrette la fin de la saison. Première (et dernière?) victoire gastronomique de l'Allemagne sur la France.

lundi 3 mai 2010

Les Allemands sont tous des grandes asperges


On peut le vérifier tous les jours en marchant à Munich ou ailleurs. Est-ce leur secret ? Ils en raffolent ! Quoi ? Les Allemands des Allemands ? Non, des asperges.

La saison bat son plein, la ville est envahie par les asperges. Les restaurants annoncent fièrement « asperges fraîches » (ici dans Shwabing). Même les charcutiers, qui vendent d’autres douceurs blanches et allongées, s’y mettent en vantant leur « jambon pour asperges » – c’est une recette assez classique.

Les petits étals que l’on trouve dans toutes les rues et sur toutes les places, qui vendent en général des fruits, notamment des fraises, ont remplacé les dattes fraîches par des tombereaux d’asperges. Et pourquoi pas les fraises par des bettes? Les cerises par des poireaux?

Mon cher Viktualienmarkt, où la variété des produits ne cesse de m’étonner et de me faire saliver, s’uniformise : les écriteaux se bousculent qui proclament en grosses lettres « Spargel » – c’est étrange, cela ressemble à Spargeld, « argent économisé », est-ce le secret de la fringale ? – ou « Spargel aus Deutschland » (autre version de « Il a bon goût l’agneau français ») et bien sûr, le sommet, « Spargel aus Bayern ».
Voici la bonne grosse asperge bavaroise, droite, ferme, épaisse, qui se dresse par bataillons sur les étals de cet opulent pays. Des milliers, des centaines de milliers d’asperges alignées comme à la parade, palissades blanches, parfois vertes, s’offrent aux yeux du badaud, « mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi ». On vous l’épluche sur place, avec un astucieux économe. Dans les supermarchés, des machines les épluchent automatiquement et vous les emballent, par fagots (hélas, je n’en ai aucune photo), témoignage, s’il en était besoin, de ce que l’esprit pratique des Allemands vient au secours de leur fringale. C’est trop ! Je préfère les champignons !

Je n’avais jamais vu autant d’asperges de ma vie. J’en conclus que, quand ils ne boivent pas de la bière, les Allemands sucent des asperges.