et les corbeaux, si nombreux en hiver, s'en retournent coasser vers les steppes d'où ils étaient venus se réchauffer ici pendant l'hiver. Ils sont remplacés par les merles et les mésanges qui chantent déjà le redoux. Le mois de mars a été jusque là bien agréable, plutôt ensoleillé. Au fond, l'hiver, après un début en fanfare neigeuse, en décembre, fut clément, bien plus que l'an dernier. cela confirme une intuition de l'an passé (ici): les chamans sibériens, qui nous annonçaient le pire hiver depuis des décennies, sont des charlatans. On connaît la formule: un chaman comme un arracheur de dents.jeudi 17 mars 2011
Le printemps...
et les corbeaux, si nombreux en hiver, s'en retournent coasser vers les steppes d'où ils étaient venus se réchauffer ici pendant l'hiver. Ils sont remplacés par les merles et les mésanges qui chantent déjà le redoux. Le mois de mars a été jusque là bien agréable, plutôt ensoleillé. Au fond, l'hiver, après un début en fanfare neigeuse, en décembre, fut clément, bien plus que l'an dernier. cela confirme une intuition de l'an passé (ici): les chamans sibériens, qui nous annonçaient le pire hiver depuis des décennies, sont des charlatans. On connaît la formule: un chaman comme un arracheur de dents.mardi 22 février 2011
Le retour du flocon
Il a ensuite fait une petite pause d'un mois, mais le ciel était néanmoins bien bas. La mitraille a recommencé avant-hier...
L’arbre grossit, grossit…
Ces photos sont un peu anciennes. Aujourd'hui, il y a moins de neige, il gèle, simplement. C’est toujours mieux que la pluie, si ce n’était que les flocons et la glace appellent, comme par un réflexe pavlovien le retour de…
Motorhead ! (pour le début, c’est ici, puis là et là).
Comme dit le proverbe munichois : dehors les flocons, dans les oreilles les bouchons.
Plop.
dimanche 16 janvier 2011
Le printemps contre-attaque?
Des joggers courent en tee-shirt, souriants. Plus de neige à l'horizon. Si les arbres sont encore en sommeil, l'herbe est verte sous la lumière dorée, qui fait miroiter les petits lacs du Westpark, à deux tours de roue de chez moi.
Mais où est-donc passé l'hiver? Au milieu de janvier, le printemps a-t-il mis au tapis le général H.? On s'y croirait presque. Mais voilà, le soleil est bien bas, qui a rendez-vous avec la lune, précoce.
La haute végétation qui prend en écharpe les lacs jette sur eux une ombre presque permanente. Quand le soleil la perce, la glace brille à la surface de l'eau. Le général est simplement parti en vacances.
Mais il reviendra. En attendant, je goûte ce soleil qui manque tellement ici en janvier.samedi 4 décembre 2010
En vrac : tout est glacial, l’hiver, le rock et ceux qui s’en vont
L’Hiver contre-attaqueLa semaine passé, j’ai ironisé sur l’arrivée certes précoce, mais mollassonne de l’hiver. Bien mal m’en a pris. Depuis huit jours, le général hiver a montré qu’il n’aime pas la provocation.
Il neige abondamment, les températures se traînent largement en dessous de zéro et il faut se déplacer avec moultes précautions, sur la neige gelée et la poudreuse qui la recouvre. Les transports en commun sont très perturbés, les voitures patinent et se meuvent comme de gros mammouths maladroits.
Mais tout cela concorde aussi à installer un climat de Noël, incite à visiter avec une âme d’enfant les marchés du même nom et à s’extasier lorsque la lumière fait scintiller le manteau blanc.
*
Noir Désir est mort
Le plus grand groupe de rock français de l’histoire vient de se dissoudre mardi. Les histoires d’a. finissent mal en général…
Mais c’est au fond la seconde mort de Noir Désir : le groupe est déjà mort en 2003. Par une mort brutale.
*
S’en aller par le S-Bahn
En matière de langue, il n’y a qu’une manière de progresser : parler, parler encore et toujours. Une des meilleures façons de le faire est de constituer un tandem avec une personne souhaitant faire de même dans votre langue maternelle. Beaucoup de personnes apprennent le Français à Munich, mais j’ai mis du temps à trouver un Tandempartner, en l’occurrence une Tandempartnerin, Birgit. Nous nous sommes vus pour la première fois vendredi 26 novembre dernier. Trois heures durant, nous avons parlé soit allemand, soit français, nous corrigeant mutuellement. Si son visage était marqué par une certaine tristesse, nous avons aussi beaucoup ri, parlé des semaines à venir, de ce que nous ferions. Elle tâchait d’achever une thèse de psychanalyse, tout en vivotant de petits boulots. Rendez-vous était pris cette semaine.
Birgit s’est jetée sous le S-Bahn le lendemain. Un suicide décidé, mais auquel ses proches ne parviennent pas à trouver de vraie raison. Elle en avait assez, a-t-elle écrit. C’est tout. Dans la nuit qui tombe dès 17 heures, on imagine aisément sa solitude, dans la ville envahie par le froid, mais aussi par les gens empressés de faire leurs achats de Noël, au milieu des lampions, des bougies et des guirlandes. Noël, c’était Noël autour d’elle qui marchait vers les quais.
mercredi 24 novembre 2010
Le général hiver, saison 2 : (1) il se la coule douce
Mais elle est bien mince et, à 8 heures, elle fondait déjà, ne laissant que de petits restes.
Ils ont presque disparu. Voilà un bien timide général hiver ! Faut-il en conclure que l’hiver sera doux ?Que nenni ! Je lis sur le blog d’une journaliste qui vit à Berlin (dont je reparlerai : ici) que les Russes prévoient que cet hiver sera le pire du siècle – passé bien sûr. (Évitez les sarcasmes sur le réchauffement de la planète : la moyenne des températures du globe a été, pour la période janvier-octobre 2010, la plus élevée du siècle.) Bild, le journal à sensation qui aime nous faire peur, le confirme (ici) et revient à la charge (là). Mais comment donc le savent-ils ces Russes ? La vodka aurait-elle commencé à geler en Sibérie ? C’est peu probable, l’alcool ne gèle qu’à -114°.
Vous lirez sur Bild et ailleurs les explications scientifiques. Je me demande si ce n’est pas un mauvais coup des Tchouktches ou des Yakoutes (non, ils ne sont pas Bulgares). Ils tromperaient le Russe de la toundra (parce que le chaman) comme naguère l’Indien du grand nord canadien avait trompé le trappeur blanc. Ce dernier se préparait à l’hiver en coupant du bois. Mais il voulait ajuster la quantité de bois coupée à la rigueur éventuelle de l’hiver. Il alla interroger un indien voisin, confiant en sa sagesse ancestrale et en sa connaissance de la nature : « l’hiver sera-t-il rude ? ». « Oui », répondit le Huron. Le trappeur se remet alors à couper du bois avec entrain. Mais combien faudra-t-il en couper en plus ? « Rude », c’est bien vague. Il retourne interroger son Indien : « à quel point l’hiver sera-t-il froid » ? « Oh, très froid, je pense ». Et le trappeur de recouper, recouper. Et de se poser la même question : jusqu’à quand couper ? Interrogeons l’indien si savant. « Très, très froid, l’hiver sera » répondit Yoda. « Mince ! » s’exclama le trappeur qui repartit de plus belle abattre des arbres et les débiter en rondins, puis en bûches. Épuisé, il se demande s’il peut s’arrêter et interroge à nouveau l’Indien qui répond que l’hiver sera terrible. Le trappeur coupa à s’en faire éclater les paumes des mains et coupa tant de bûches que sa maison disparu derrière elles. À bout de forces, il rampa vers l’Indien, pour savoir si cela suffisait. Celui-ci lui répondit « Le plus froid du siècle, l’hiver sera ». Désespéré, le trappeur lui demanda comment il pouvait effectuer cette prévision. « Simple cela est. Quand visage pâle couper bois, froid hiver sera ».
Alors, les prévisions russes… Sur ce, je vais m’acheter des pulls. On ne sait jamais.
dimanche 31 octobre 2010
Là haut, il neige

Des vallons s’élèvent, les collines se transforment en montagne ; et voilà la neige qui apparaît, bien bas.
Il a dû neiger vers 800 mètres, au moins, et elle tient. La voie louvoie le long de petits lacs, d’aspect déjà sévère.
L’automne est arrivé brutalement et les feuilles ne se sont pas attardées : l’hiver approche.
Plus on s’élève, plus la blancheur gagne du terrain. Nous traversons des villages enneigés, où les congères bordent déjà les rues. Nous sommes ici en hiver et l’on voit la ligne des remonte-pentes qui donnent envie de chausser des skis.
Mais le pépère finir bien par redescendre, vers Lindau, porte de la Bavière sur le Bodensee – que les Français nomment Lac de Constance.
Ce magnifique lac, dominé par des arbres fruitiers qui s’étendent presque à perte de vue, reste quant à lui dans un automne encore mordoré.
La saison est toujours affaire de géographie.
*
Post-scriptum : le détour effectué par le train n’avait pas été annoncé, malgré la demi-heure de retard qu’il eut pour conséquences. Le train laissa les voyageurs se débrouiller avec leurs correspondances. La ponctualité comme l’efficacité allemandes ont aussi leurs limites et une part de légende.
jeudi 26 août 2010
Un an


Munich m'a immédiatement déclaré sa flamme et je me suis vite laissé faire... Certes, il a fallu affronter un appartement à la décoration hasardeuse - ou alors, simplement: allemande?
C'est le risque des meublés. Mais celui-ci a les avantages de ses défauts: il est pratique, bien organisé, calme et on peut tout de même cacher dans un placard les pires horreurs. Quant aux fenêtres,
elles m'ont vite mises en présence des écureuils qui sautent dans les arbres sur lesquels elles donnent.
Il y un an, un siècle, une éternité, c'est l'été indien qui m'accueillit et se prolongea jusqu'en novembre. Oserais-je écrire, en vil plagiaire: tu sais, cher lecteur, que je n'ai jamais été aussi heureux que ce matin-là? Quel matin? Mais tous, voyons! Je nageais donc dans le bonheur comme aujourd'hui dans le petit Dassin.
Il n'avait pas encore neigé sur les lacs, Starnbergersee, Ammersee, où je suis allé comme les Parisiens vont au Luxembourg ou aux Buttes-Chaumont, mais pour y voir un autre spectacle, respirer,
admirer les Alpes ou parcourir les forêts mordorées.
Le soleil illuminait encore le Viktualienmarkt en novembre, où l'on pouvait toujours fréquenter son Biergarten.
Idéal pour la Weisswurst, plat simple qui n'a déçu personne et que j'ai définitivement adopté.
Au rayon fort encombré des bons souvenirs, il y aurait bien sûr la magie de Noël dans cette ville illuminée et enneigée, un paradis pour les enfants et les enfants attardés, les adultes que la vie n'a pas trop cassé...
Aussi, après quelques réticences, le séjour-découverte dans les Müllers Volksbad, plouf plouf à poil (et si j'y retournais?).
les sorties, la musique, la facilité de la vie, j'en passe et des meilleures!Il n'y aurait rien à redire? Certes non, tout ne fut pas facile et il fallut affronter bien des épreuves.
En premier lieu le Général hiver, qui, s'il se fit attendre, n'hésita pas à rester plus que de raison: quatre mois d'un hiver un poil trop long (or, je n'en suis pas trop pourvu - de poils)
Mais il fallu aussi affronter de redoutables personnages, parfois sur véhicules, parfois à pied,
mais dotés de considérables pouvoirs de nuisance
Celle-ci n'est-elle pas la plus dangereuse?
La lutte était parfois quotidienne, quand ces horribles images venaient vous inviter à commettre tous les excès, "mangez-moi, mangez-moi!"
Ne suis-je pas allé jusqu'à goûter le camembert frit?
Ne fallut-il pas, en bon ethnologue, affronter les terribles épreuves de l'Oktoberfest?Pire encore, quand la saison fut venue (et la bise pas du tout partue), avec bière de mars attaque!
Pendant ce temps, les Motörhead venaient vous réveiller à cinq heures, Munich s'éveille, je n'ai pas sommeil - si!
Que penser également de l'attraction qu'exercent sur l'étranger installeé à (presque) demeure les Trachten, ces élégants vêtements traditionnels?
Plusieurs amis ont craqué, les malheureux, et s'en sont achetés; je résiste encore et toujours à la culotte de peau. Quelle vaillance!Certes, ce fut plus dur face au vin, mais ma consommation fut somme toute modérée.
C'est qu'il en faut plus pour émousser mon ardeur au combat; toutes ces épreuves furent affrontées de pied ferme, l'œil vif et la main sûre.
Alors, vous reprendriez bien un an de Munich? Plutôt deux fois qu'une!
jeudi 3 juin 2010
Au bureau
La vue, depuis là-haut, ne manque pas de charme, surtout en hiver, comme vous le constatez sur cette photo.
Au passage, admirez la technique pour se débarrasser de la neige en excès par-dessus la haie.
Allez, encore une pour la route.
Mais vous risquez là encore de croire que je passe mon temps à rêvasser devant ma fenêtre. Or, mon bureau est rempli de livres de travail, les miens ainsi que ceux que j’emprunte à longueur de journée en bibliothèque, mais aussi de dossiers, de papiers, de photocopies.
Je suis connecté au reste du monde par Internet, et suis sans téléphone fixe, ce qui est un gage de tranquillité. Ayant la clé de l’endroit, je puis y travailler 24 heures sur 24 en toute quiétude – pour le moment je n’ai pas dépassé minuit.
Un bureau en accès libre, dans une vraie bibliothèque, voilà un luxe qui nous est interdit dans l’université française : je n'en ai jamais eu et n’en aurai probablement jamais à mon retour en France. Je goûte donc ce plaisir de travailler dans de bonnes conditions. Aussi mon bureau me voit-il très souvent et ais-je encore plus de plaisir à y être qu’à boire une Weissbier.