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dimanche 7 août 2011

Sans commentaires

Publicité dans le magazine "In München", 14-27 juillet 2011.

mardi 10 mai 2011

Jour de fête

Entre la Frühlingstfest (décevante), la « fête » de la croix rouge, les animations des parcs, il y avait de quoi satisfaire un instinct grégaire et se distraire dans la foule de Munich le week-end dernier. Nous avons plutôt fait un petit tour à l’Auer Dult : ce marché se situe au pied d’une église, dans le quartier ou coule un petit affluent de l’Isar, l’Au (il se tient aussi à l’automne : ici). C’est un autre monde. Certes, on y trouve des brocanteurs, mais ils sont minoritaires dans ce grand marché. On voit plutôt des démonstrateurs volubiles vanter les mérites de tel produit de nettoyage, de tel aspirateur, balais, que sais-je encore. On peut y acheter des coussins et des fauteuils relaxants, des balais, de la vaisselle comme s’il en pleuvait et des magnifiques blouses comme on en vendait dans la foire de Bellac du temps de ma grand mère (je vous laisse découvrir l’endroit).Des sous-vêtements d'un goût exquis...
Le public est varié, mais les Trachten s’y montrent en grand nombre et l’amateur peut s’acheter des Lederhose d’occasion, bien culottés. On y danse en trachten,

arborant une pilosité du XIXe siècle – pour les hommes. Quelques boutiques de nourriture, un Biergarten et des manèges complète ce marché, au fond plus sympathique que la Frühlingsfest. C’est une fête de village. Jour de fête dans le centre de Munich.


mardi 3 mai 2011

Avez-vous l’hure ?

Finalement, je ne me suis pas fait tatouer (voir ici). J’ai préféré tester la Frühlingsfest. Mauvais choix sans doute, elle ne vaut vraiment pas le détour. On l’appelle parfois la « mini Oktoberfest » : vraiment mini, en effet. Une fête au village, rien de plus. Mais sur le Theresienwiese, où elle est installée, se trouvait samedi dernier un très grand marché aux puces, que l’on voit ici depuis la Bavaria, la statue qui la personnifie – et qui a les bras puissants de celle qui s’entraîne à porter 10 bocks de bière d’un litre. C’était un vrai marché aux puces, pas une opération d’antiquaires. On n’y trouvait vraiment n’importe quoi et un peu de tout. Jouets à profusion, vêtements usés, appareils électriques déglingués, vinyles, vielles photos, revues, BD, comme une plongée dans les trente ou les quarante dernières années, avec parfois des familles qui soldaient des bouts de vie. Tout Munich s’y est donné rendez-vous, des babas aux inévitables entrachtés.

Quelques raretés ont attiré mon œil. On trouve naturellement quelques trophées, si courants dans ce pays de chasse, dont voici un premier, et un deuxième exemple, pris sur le même stand. Dommage, je n’ai pas assez de place dans mon salon, ni ici ni à Paris.

Un peu plus loin, ce cadre. Un uniforme ancien, n’est-ce pas ? Regardez-bien, quelques autocollants blancs masquent des détails de l’uniforme, qu’il est facile de deviner : des croix gammées, pour cet uniforme de la Luftwaffe (sauf erreur de ma part). Le portrait est daté de 1943. On échappe difficilement au malaise, surtout quand on a vu, sur un étal, quelques vieilles revues des années 1930 (1936-1938), dédiées à l’armée de l’époque, avec un manuel de formation militaire. Pas de Mein Kampf cependant. Soyons honnête : ces trouvailles sont fort rares et l’immense majorité des stands fait plutôt allusion soit à des choses bien neutres de la vie quotidienne, soit à la contre-culture, à l’ésotérisme, au militantisme anti-nucléaire, bref à l’Allemagne gauchiste. Mais il est tout de même quelques vendeurs et, peut-on supposer, quelques vendeurs malsains.

mardi 26 avril 2011

A poil !

Avec le soleil printanier, les Munichois laissent tout tomber, vestes, écharpes et chapeaux. Ils se promènent en tee-shirt, petits débardeurs, pantalons de lin, pantacourts, shorts, mini-jupes, laissent les pieds nus se prélasser dans des sandales, voire des tongs de plage. S’il ya quelques adeptes du magnifique couple chaussettes-sandales, la majorité opte pour les ripatons à l’air.

La photo a été prise ce matin, dans le métro. Précisons que la température matinale est de 6° et que l’on annonçait des maximales de 17°, sans compter de possibles orages. Les Allemands sont bien des nordiques. Je me demande, avec intérêt, quelle tenue ils pourront bien adopter si les températures estivales atteignent les 35°.

lundi 18 avril 2011

Sans commentaires

Munich, Viktualienmarkt, mercredi 13 avril 2011

vendredi 15 avril 2011

Je préfère les brunes

Vous qui attendez des confessions sur ma vie sentimentale, passez votre chemin. Il ne s’agit que de bières. En effet, depuis un mois le carême est entretenu par la Starkbierfest, qui a lieu dans la plupart des grandes brasseries. Là encore, j’en ai parlé l’an passé (), venons à l’essentiel.
Ayant un faible pour la brune des Augustins, nous sommes d’abord allés à l’Augustiner. Comme toujours, il y a un orchestre dans la cave, bien entrachté, qui commence par des morceaux bien pouêt-pouêt – sauf si l’on nourrit une passion pour la Schlager et pour le folklore bavarois, tous les vices sont après tout possibles.


L’ambiance monte, les gens commencent à monter sur les bancs,
à se trémousser au fur et mesure qu’ils vident leur mousses. Ca chante, un peu n’importe comment, mais, au fond, quant on atteint quelques standard de rock, on se laisse un peu happer.

On sort en se demandant avec inquiétude (te parfois en zigzaguant) si l’on n’est pas en train de se germaniser.

Deuxième essai au Nockerberg, un très grand Biergarten sur une petite colline qui domine l’Isar, the place to be (me dit-on) pour la Starkbierfest. Tous les politiques vont s’y montrer et faire admirer leur lever de coude. Le lieu appartient à la brasserie Paulaner, qui est installée en contrebas : une âcre odeur de malt flotte sur les rues qui conduisent au mamelon (vient nous servir à boire). Une énorme « tente », comme à l’Oktoberfest, accueille jusque 2500 convives. L’Augustiner paraît intime, lorsque l’on pénètre cette marée humaine, presque intégralement dressée sur les fragiles bancs des Biergarten.

Les bocks de Paulaner Salvator (leur bière forte) s’entrechoquent, on chante et nombreux sont les hystériques de la brune. Si l’on est assis, on se retrouve minoritaire, avec des rangées de popotins qui s’agitent en rythme juste au niveau des yeux.

Au-dessus (sous les ballons), comme en-dessous des tables, l’ambiance est un peu surréaliste.
Tout est passé à la sauce schlager, même cette merveilleuse mélodie de Que sera sera. Un peu de rock relève le niveau. Les bancs résistent mal au traitement qui leur est infligé.
La bière est plus amère que l’Augustiner, plus forte et vraiment moins bonne. Elle est en tout cas moins indolore. Il est temps de faire carême.

mercredi 2 février 2011

Ach ! diese schlanken Franzosen !

Les soldes et le froid battant leur plein, je me suis mis en quête d’un pantalon chaud. Non loin de mon bureau (il se trouve que j’y travaille), je repère une boutique qui offre des pantalons d’aspect présentable. C’est encore un peu cher, mais la qualité a l’air bonne. Germanique. La vendeuse me conseille bien sûr une taille trop grande pour moi : le triomphe efface vite la vexation. Voici enfin ma taille. Surprise, ce fichu pantalon est encore trop grand à la taille, alors qu’il me serre bien trop à l’entrejambe. Ce fut le cas avec tous les pantalons de la boutique – et avec bien d’autres. Et la vendeuse de commenter ainsi ce fait : « Ach ! Diese schlanken Franzosen ! ». Il semble que nous soyons bien plus minces que les Allemands. Pourtant, je ne suis pas particulièrement schlank en ce moment : des pantalons – achetés en France – en témoignent. Mais la différence doit bien être réelle. On me dit également qu’en Suisse les Français ont en général peu de succès : les filles les jugent un peu trop gringalets. Elles voudraient du costaud, bien rempli, du mâle rustique en quelque sorte. Il y a des exceptions.

En Allemagne, les pantalons semblent donc prévus pour accueillir un ventre bien rempli. De la à les baptiser de sac à bière, il y a un pas que je ne franchirai pas - mais cela pourrait cependant expliquer l'aspect de certains mannequins, voir hier (ici). Je laisse enfin chacun libre d’expliquer à sa façon ces entrejambes si serrés pour nous, les gringalets.

vendredi 17 décembre 2010

samedi 9 octobre 2010

Un peu de kitch à l'Oktoberfest

L'Oktoberfest offre une incroyable concentration de kitch. Comme on ne peut y échapper, on le croisera encore. Je n'en donne ce soir que deux exemples.

En premier lieu, le kitch bavarois à l'ancienne.
Le détail qui tue dans la tenue traditionnelle masculine est donc la bande molletière qui moule une section du mollet et laisse les poils de la cheville s'aérer. Le chic des Trachten est bien kitch.

Changeons d'époque avec du kitch pour touristes. Une cible de choix: les milliers d'Italiens qui viennent la seconde semaine de la fête.
Ce sac à dos en forme de bière est en vente dans les boutiques des horreurs des tentes, des Szelten, de l'Oktoberfest.
C'est au fond une bonne métaphore de nombre de jeunes buveurs: sac à bière.

vendredi 1 octobre 2010

Une ville entrachtée

Une personne qui n’aurait ni la télévision, ni la radio et qui ne serait pas lire et débarquerait à Munich en ce moment n’aurait pas de peine à reconnaître que l’Oktoberfest bat son plein. La ville s’est transformée en gros village bavarois endimanché. Qui dit Bavière profonde, dit Trachten, ces vêtements traditionnels que l’on porte pour toutes les fêtes. J’ai ai assez parlé (ici) pour ne pas en expliquer à nouveau la teneur. Après un an passé ici, je sais qu’on en voit toute l’année, mais qu’aucune période ne vaut les semaines de l’Oktoberfest et celles qui précèdent. Les habitués en portent, mais les touristes en achètent aussi en masse et l’on peut renouveler sa garde-robe chaque année si on le souhaite. Les magasin qui les vendent abondent,

et les revues sont envahies de publicités pour eux, ou pour les « trachten-designer ». On peut y trouver la version économe, qui flatte l’écureuil en puissance qu’est l’Allemand – il faudra un jour reparler de la Sparsamkeit, mais c’est une autre histoire –


Une tentative pour donner un semblant d’élégance, avec les couleurs à la mode:

Mais ma préférée est celle-ci, qui offre Trachten à profusion, décor kitch et sous-entendus pas du tout discrets – à pris d’amis !


Si l’on veut de l’authentique, il suffit de flâner le nez au vent, non pas sur le site de la fête, mais, au marché central, le Viktualienmarkt. On trouve ainsi tous les week-ends de l’année un groupe muni de tous les attirails, surtout de magnifiques chapeaux que seuls d’authentiques Bavarois élevés à la Weissbier depuis leur plus jeune âge osent porter. Il y a un intrus dans le groupe, saurez-vous le trouver ?

Un petit zoom sur un chapeau, et voilà le photographe repéré…

Tant pis, si vous voulez vous faire une idée personnelle, vous n’avez qu’à venir ici !

*

Je dois les scans à un ami, que je remercie. J’aurais aimé le faire en mettant en ligne une photo de lui dans le beau Lederhose qu’il s’est acheté, mais il souhaite peut-être trouver un jour du travail en France…

*
Pour les curieux, un beau florilège de Trachten excentriques se trouve ici, sur le site de la Süddeutsche Zeitung.

dimanche 30 mai 2010

Vous reprendrez bien un peu de Kitch ?

Il arrive que Grecs et Allemands se ressemblent. L’idée déplairait sans doute fortement à l’heure actuelle tant aux et qu’aux autres. Les deux peuples partagent cependant au moins un penchant : ils n’ont vraiment pas peur que le kitch ne leur tombe sur la tête. Cela se voit, par exemple, sur les tenues féminines : Allemandes et Grecques osent ce que les Françaises n’oseraient pas, à juste titre pensent les Français. Cela dit, en matière de kitch, les Grecs sont un peu plus audacieux. On pourrait en donner des multiples exemples, mais je me limiterai à deux.


Voici l’extraterrestre de Roswell en train d’être disséqué, qui agrémente

tout simplement une boutique de vêtements d’Athènes, quelque part entre Exarchia et Kolonaki.


Je garde le pire pour la fin, avec ce panneau planté sur une plage de Poros, la (mal ?)nommée « Love Beach », qui pousse le kitch jusqu’à une étonnante vulgarité. Mais j’ai la faiblesse de croire qu’elle conviendrait parfaitement à certains touristes allemands – disons, pour être simpliste, les lecteurs de Bild – qui la trouveraient amusante. Vous ne me croyez pas ? Voici le petit papier que nous avaient glissé des voisins allemands lors d’une soirée à l’Oktoberfest, hilares et fort contents d’eux.

La vulgarité bon enfant, voilà tout.

samedi 1 mai 2010

Un printemps bavarois

Quel étrange sensation de partir en mars, en hiver, frigorifié, et de revenir en avril, sous le soleil, en chemisette, stupéfait de retrouver son anorak suspendu au-dessus de ses grosses chaussures. Car, je l’avoue, j’ai un peu triché, je n’étais pas là pendant trois semaines et les derniers messages avaient un petit peu été écrits à l’avance…


Peu importe, le soleil est là, la nature exulte, les fleurs à peine écloses sont chassées par des feuilles impatientes de colorer la ville en vert. Il faut sortir les affaires d’été, enfin ! Qui dit soleil, dit, à Munich et partout autour, saison des Biergarten. Le Viktualienmarkt est à nouveau inondé de monde, ce n’est plus un marché, mais un vaste Biergarten qui bruisse, où les gens sont attablés autour de gros bocks de bière dont on entend les tintement, Kling ! Kling ! Zum Wohl ! S’ils n’ont pas de place assise, ils boivent ou mangent debout autour de petites tables (ce sont les Imbiss) en riant à gorge déployée, comme ce groupe de gros Bavarois délicieusement caricaturaux. Qui veut le même chapeau ?



Le long de l’Isar, la rivière qui traverse la ville, se trouve un grand jardin public étendu sur plusieurs kilomètres, l’Englischer Garten. Le dimanche, il est envahit pas les Munichois de tous âge, qui viennent s’y dorer la peau, jouer, faire de la musique, manger, pourquoi pas faire du pédalo sur un petit lac artificiel et, bien, sûr… boire une bière dans un Biergarten, car il y en a plusieurs dans le jardin.



Alors, après avoir longuement (enfin…) marché, fait travailler ses mollets avec le pédalo, comment ne pas résister à un petit peu d’Obadza, sur un gros Brezn, avec une bonne bière ?

samedi 20 mars 2010

Pas de pitié pour le carême

Le carême n'existe pas. En voici la démonstration.
Ce matin, un lapin...
Comme cette photo l'indique, les Allemand voient large pour les chocolateries de Pâques. Encore a-t-elle été prise près d'un mois avant la fête de Pâques. Une véritable armée de lapins, que j'ai déjà évoquée, se retrouve partout. Y compris dans les boulangeries, où l'on peut déguster de très bonnes brioches en forme de lapin (Osternhase). Pourquoi donc tant de lapins? Subtile allusion, bien germanique, à l'arrivée du printemps et aux activités auxquelles il faudrait alors se livrer, ne serait-ce que pour redresser la démographie du pays? Absolument pas (à ma connaissance). C'est pourtant évident: le lapin apporte ici les œufs de Pâques. On pourrait se perdre en conjectures sur les connaissances biologiques des Allemands, si l'on ne se rappelait que de l'autre côté (ouest) du Rhin, ce sont les cloches qui exercent cet office. Quelle est la tradition la plus absurde?
Du reste, si l'on regarde comme ici un autre rayon du même supermarché, Galeria, temple de la consommation muni d'un rayon "Gourmet" à se damner, on est pleinement rassuré.
Cette énorme poule, qui doit bien toiser son mètre ou son mètre cinquante, couve les légions d'œufs colorés qui feront les délices du dimanche de Pâques. Seulement ce jour-ci? Pourquoi donc les mettre en vente aussi tôt? Certes, il est ici de bon ton que l'abondance règne dans les étals. Mais je croirais plutôt que les Allemands, du moins les plus petits d'entre eux, n'attendront pas début avril pour goûter à ces friandises. C'est aussi pour cela que les boulangeries, outre ces lapins de Pâques proposent dès février les brioches de Pâques, les délicieuses Osterfladern, dont j'ai déjà parlé.
Ici, un autre modèle, l'Osterfladern aux raisins. J'ai repéré quatre ou cinq sortes d'Osternfladern différentes (ainsi la mystérieuses Premium, ou la Vollkorn: à la farine complète). Il est bien évidemment impossible de les tester toutes le jour de Pâques. On est donc contraint de les mettre en vente plus tôt. Chacun peut donc toutes les goûter et faire son choix définitif pour Pâques.

Teuf teuf
Vous voyez que le carême en prend un coup. D'autant plus que l'on ne cesse de bambocher à la même époque. Il y a ainsi tous les mercredis des fêtes autour du poisson - ainsi une soirée "Fish'n blues". Mais l'affaire du mois de mars est la Starkesbiefest. Pendant plusieurs semaines et parfois depuis février, chaque grande brasserie (Löwenbraü, Ausgutiner, Hofbräu, etc.), propose une bière épaisse, forte en alcool. On en fait remonter la tradition au Moyen Âge: cette bière épaisse et nourrissante, car sucrée, aurait permis de sustenter les moines au moment de la soudure, lorsque les greniers sont vides et que rien n'a été récolté. Voire. La tradition est le prétexte à justifier tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi. Aujourd'hui, plus encore que de déguster une nouvelle bière, il s'agit d'à nouveau faire la fête. On n'allait tout de même pas se tourner les pouces entre Fasching et l'Oktoberfest!

Il est assez facile de se rendre compte de la nature de la fête, comme je l'ai fait en allant avec une amie un samedi soir à l'Augustinerkeller.Cette Brasserie est un des temples de la bière à Munich, grâce à son immense Biergarten, fermé en ce moment, et à une série de salles dans la grosse bâtisse qui trône au milieu du jardin. On peut y goûter partout cette fameuse bière forte, mais tout se passe dans les caves de l'endroit.


Mélodie en sous-sol
On y descend par un étroit escalier en colimaçon, qui donne l'impression d'aller dans les catacombes. Une petite porte en fer nous introduit dans une série de caves voûtées, en brique. Il est difficile de trouver une place sans réservation ou sans obstination. Nous avions choisi la seconde option et nous nous sommes finalement retrouvés assis dans un tonneau...
On peut naturellement manger et boire une série de bières Augustiner (une des meilleurs de Munich), mais nous étions là pour la bière forte, la Starkesbier. Elle arrive donc, en Mass, donc en chope d'un litre, rien de moins. Une telle bière, un peu sucrée, süss comme on dit ici, est fort agréable l'hiver. On l'imagine mal l'été, où son épaisseur ne ferait pas merveille. Un litre nous a suffit, mais nos voisins en ingurgitaient beaucoup plus. Son, nom la Maximator... Car toutes ces bières ont un nom en -tor, Triumphator, Salvator (et Dali)... Et lorsque la soirée termine (à tort), on se dit, puisqu'elle n'est pas venue, hein!, Maman a tort.

Les caves étaient bondées d'un public varié, relativement jeune - de mon point de vue. Tous les âges, les sexes, les classes sociales et les inclinations se mélangeaient autour de table où régnait, comme toujours, une ambiance bon enfant. Mais la surprise vint de ce que la plupart d'entre eux, et surtout les plus jeunes, étaient entrachtés. Pour ceux qui ont raté l'épisode 1, les Trachten sont les vêtements traditionnels bavarois, Dirndl pour les femmes, Lederhose pour les hommes, avec, en cette saison, une floraison de chapeaux à plumes qui en me font pas regretter ma casquette. On engage très vite la conversation avec vous. Ainsi avons-nous parlé une bonne partie de la soirée avec un sympathique Hamburger, pas très à cheval sur le maintien de sa ligne, ni de celle de son épouse, une authentique Bavaroise qui officiait là-bas comme serveuse.

Mais boire n'est qu'une partie de l'attrait (supposé) de la soirée. Un orchestre était installé dans l'une des salles, qui jouait un peu de variété internationale euh... YMCA), mais surtout des airs bavaro-autrichiens, comme on en raffole ici.
Le public les reprend en cœur, tous âges confondus. Très vite, on danse sur les tables, on tape de mains, bref, on transpire, ce qui permet de boire un peu plus. Pas d'Anton aus Tyrol, hélas, mais pour l'essentiel les airs entendus sont les tubes de l'Oktoberfest, Wahnsinn, Füstenfeld, Ab in den Süden, Köln (Viva Colonia), comme on peut le constater sur ces petites vidéos. Ici "So a schöner Tag" (texte ici, son ).




Les caves ferment à minuit, mais les bars restent ouverts. Quand on sait qu'il y a bien une dizaine d'endroits fêtant ainsi la Starkesbierfest, du mercredi au samedi, tout le long du mois de mars, on se dit, en effet, que le carême n'existe pas.