
La passion est restée. La fièvre était palpable à Munich, d’autant plus que la Mannschaft a longtemps brillé.
On parait même les voitures aux couleurs du pays et les petits drapeaux noir-jaune-rouge étaient partout brandis. La ville était envahie d’écrans géants, sur les places
(ici contre les murs de l’université…), dans les cafés, les brasseries et bien sûr dans les Biergarten.Dans la cour intérieure de l’aéroport (dont j’ai parlé ici), était installé un Biergarten
dans une cour intérieure, pourtant tenu par des femmes et fréquenté par une clientèle en majorité féminine.
Certes, il y a ici aussi bien des abrutis imbibés de bière, bruyants, qui passent leur match à insulter l’arbitre et à donner
de judicieux conseils à chaque joueur («frappe !», «devant !»…). Certes, bien des hommes se transforment ces jours-là en supporters déchaînés et peinturlurés, parfois munis d’une belle crête aux couleurs nationales.Mais les femmes ne sont pas en reste, à porter des oreilles de lapin aux mêmes couleurs,
des colliers de fleurs très DFB, à se draper dans le drapeau,
parfois sans rien porter de plus ou peu s’en faut (désolé pour les voyeurs, je n’ai pas de photos), à se peindre le même drapeau sur les joues, ou à se transformer en clown intégral, comme cette jeune femme, triste, semble-t-il, de la défaite subie en demi-finale.
Les femmes devaient avoir constitué une bonne moitié du public. Venues naturellement en couple, mais aussi en groupe de copines, pas du tout entraînées par des garçons acharnés du ballon. Cela explique sans doute l’atmosphère bon enfant qui a toujours régné à Munich, du moins aux endroits que j’ai fréquentés.On montre souvent des pleurs après les défaites ; s’il y en a eu, je ne les ai pas vus à Munich. Certes, la ville ne bruissait plus, le soir venu, de la fête endiablée que l’avant match promettait. Mais quelques jeunes manifestaient tout de mêle une belle gaieté, celle, peut-être, d’avoir été simplement ensemble, devant un bon (si l’on veut) spectacle, avec une bière et un WM-hotdog. Ils étaient bien, et moi aussi. Effet bénéfique de la bière ou de la bienvenue sortie en beauté de l’équipe de France ?









