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mercredi 28 septembre 2011

Shoah à Würzbourg


Dans cette ville, on a discrètement signalé dans le sol les Juifs qui ont péri pendant et par le nazisme par des pavés dorés, devant leur domicile. On s'arrête, des noms sont sauvés de l'oubli, des tragédies se devinent, avec les noms de familles entières. On mesure progressivement l'étendue de la shoah, dans un ville, comme tant d'autre. Une idée intelligente.

dimanche 13 mars 2011

Vin et barbarie

J’étais donc à Würzbourg en février (voir ici). En descendant la colline du Marienberg, on passe entre les vignes. Au début, on salive en pensant à la dégustation future. Puis on remarque le nombre de sarments qui jonchent le sol, les blessures de la vigne. Quel est donc ce massacre, cette taille brutale et sans nuances ?

L’explication vient plus bas. Pour gagner du temps, le gros de la taille est mécanisé. Un petit camion passe sur les pistes. En descend une chenillette, tirée par un câble. Elle passe entre les rangs. Un bras articulé encadre la rangée de ceps et taille automatiquement. Arrivé en bas, la chenillette se retourne et taille l’autre rang. Le câble la remonte sur le camion, qui avance de deux rangs, et l’opération recommence.


Le procédé est à la fois des plus astucieux et assez barbare. On voit bien qu’il économise de la main d’œuvre et du temps. Mais quelle perte par rapport à la taille manuelle ! Et regardez le vigneron des temps modernes…
Mais c’est peut-être ce qui permet des prix relativement bas.

Notons un autre détail : l’herbe pousse au pied des ceps, entre les rangs, ce qui montre que l’on ne traite pas massivement. Cette vigne semble être cultivée selon des méthodes biologiques. Un paradoxe bien allemand : la mécanisation et le bio. Le moteur et l’air pur.

vendredi 11 mars 2011

Vin et châteaux

Au nord de l’État de Bavière se trouve la Franconie. Ses habitants revendiquent leur propre culture, qui n’est absolument pas bavaroise. Il paraît qu’il existe même des nationalistes franconiens. Je n’en ai pas encore rencontré, mais un séjour de 24 heures dans une seule ville de Franconie, Würzbourg, ne me le permettait évidemment pas.

Voilà encore une ville reconstruite pierre par pierre, après les bombardements très destructeurs de 1945. La cathédrale (Kiliansdom), dont la façade est romane et la nef baroque, avec des morceaux de gothique dedans, n’a plus rien d’authentique, ou peu s’en faut. Idem de l’hôtel de ville, de telle église baroque (le Neumünster)et de bien d’autres bâtiments (ici la Falkenhaus). Il n’empêche, la ville, à cheval sur le Main, encadrée par ses coteaux viticole, a du charme. Un pont a été conservé, une sorte de Pont neuf ou de Pont Charles local, qui conduit à l’imposante forteresse du Marienberg. C’est là que résidèrent les princes-évêques de la ville jusqu’au XVIIe siècle. Passé ces énormes glacis d’époque moderne, on trouve un élégant château, essentiellement de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance. La chapelle circulaire, que voici, est un de petits bijoux du lieu.

Mais les princes-évêques de l’âge baroque en avaient assez de cette trop modeste demeure. Ils se firent bâtir à l’opposé de la ville un grand château rococo, la Residenz, un des plus beaux d’Allemagne, classé au patrimoine mondial de l’humanité par qui vous savez. S’il a été bien abîmé pendant la seconde guerre mondiale – au point qu’une aile n’a pu être reconstituée – il a été minutieusement restauré, pierre par pierre, stuc après stuc, glace après glace. Le résultat est stupéfiant, que l’on soit sensible ou non à cet art surchargé. Le clou est la vaste fresque du plafond de l’escalier d’honneur, due à Tiepolo. Je n’en ai que des photos médiocres, volées, prises en bravant l’interdiction d’en faire – sans doute destinée à doper les ventes de livres de la librairie.
Une belle visite en vérité, conclue par la dégustation de vins fort agréables, enfin ! J’y reviens bientôt.